HEAVY WEEKEND 2026 – JOUR 2 // Nancy Open Air, Nancy – 06/06/2026
- Par Romain D.A.
- Le 17/08/2026 Mis à jour le 21/09/2026
- Dans Live-reports

Après une première journée martiale et plutôt orientée Heavy/Power, on passe au deuxième round en ce samedi 6 juin avec une affiche un peu plus énervée : NOVA TWINS, les frères CAVALERA revisitant l’emblématique album de SEPULTURA Chaos A.D., TRIVIUM et, pour fermer la marche, GOJIRA. Une programmation pensée comme une montée en puissance, jusqu’au choc final.
Et dès l’ouverture des portes, une chose saute aux yeux : le public est venu en masse. Près de 12 000 festivaliers sont attendus pour cette journée qui s’annonce comme l’un des grands rendez-vous de cette troisième édition.
NOVA TWINS
17h30, les premiers riffs ne se font pas désirés, le duo Amy Love et Georgia South aka les NOVA TWINS investissent la scène avec cette attitude insolente qui fait toute leur singularité. En quelques cordes grattées, les anglaise laissent peu de temps pour installer une ambiance Accompagnées à la batterie par Jake Woodward, elles balancent un cocktail de punk, de rock alternatif, de metal et de basses monstrueuses. La basse de Georgia South vibre jusque dans les entrailles, tandis qu'Amy Love passe de la rage au groove avec une facilité déconcertante. En quarante minutes, le duo a transformé son statut d'ouverture en véritable premier temps fort de la journée.
CAVALERA "CHAOS A.D."
Alors qu’on espérait que les frères Cavalera nous ramènerait le soleil de Belo Horizonte dont ils sont originaires, c’est finalement sous une brève averse que les frangins accompagnés d’Igor Cavalera Jr. à la basse, fils de Max, et de Travis Stone à la guitare solo. Mais ce n’est pas 2-3 gouttes qui les empêcheront de nous envoyer au Brésil des années 90 alors qu'une scénographie inquiétante qui a préparé leur arrivée. Avec ce spectacle consacré à Chaos A.D., les frères Cavalera replongent dans l'un des albums fondateurs du metal extrême. Et dès les premières secondes de Refuse/Resist, le Nancy Open Air comprend qu'il ne s'agira pas d'une relecture nostalgique et tranquille.
Les riffs claquent, la batterie cogne sans relâche et Max Cavalera n'a rien perdu de cette manière si particulière de transformer une foule en masse compacte. Dans la fosse, les mouvements s'accélèrent. Les anciens connaissent chaque break ; les plus jeunes découvrent en direct la puissance d'un disque qui continue, plus de trente ans après sa sortie, à sonner dangereusement contemporain. Le choix de consacrer un set entier à Chaos A.D. fonctionne à merveille : pas de détour, pas de remplissage. Cavalera vient rappeler d'où vient une partie du metal moderne, et le fait avec une violence qui ne semble appartenir à aucune époque.
TRIVIUM
Il est 20h, TRIVIUM prend possession de la scène pour un changement d’ambiance et un show millimétré à l’américaine. Matt Heafy apparaît souriant, visiblement heureux d'être là, mais prêt à en découdre. Au démarrage du set avec Pull Harder on the Strings of Your Martyr, le son est particulièrement précis et permet aux guitares de conserver toute leur puissance sans sacrifier les détails. Le groupe saute, court, occupe chaque centimètre de la scène. TRIVIUM donne l'impression de jouer avec une énergie presque disproportionnée par rapport à son statut de groupe déjà solidement installé.
TRIVIUM enchaîne ses tubes tels que Strife, The Sin And The Sentence, Until the World Goes Cold ou encore Silence in the Snow, tant de morceaux qui alternent entre les riffs mélodieux du metalcore et l’énergie brute du thrash. La production live permet en outre de distinguer les différentes couches de guitares, là où une telle débauche de riffs pourrait facilement se transformer en mur sonore indistinct, de quoi reproduire presque à l’identique les versions studios. Côté fosse, les mouvements de foule se multiplient, les slams se succèdent et les quatre musiciens semblent encore accélérer alors que le set touche presque à sa fin. La performance de TRIVIUM s’achève sur In Waves laissant derrière son sillage un public chauffé à vif, prêt à recevoir notre fierté nationale.
GOJIRA
La nuit est désormais installée sur le Nancy Open Air alors que les membres de GOJIRA s’apprêtent à fouler les planches du Zénith avec une scénographie à leur image et sur une intro dont l’intensité va crescendo avant d’atteindre son paroxysme sur le début de Born For One Thing. Dès les premières notes, le son massif du quatuor français et la voix de Joe Duplantier remplissent l'espace. Sa guitare comme celle de Christian Andreu découpent l'air, la basse de Jean-Michel Labadie épaissit le mur sonore et, derrière, Mario Duplantier transforme chaque frappe bestiale en coup de massue.
Puis l’intensité de ce début show se poursuit avec Backbone, puis Stranded vient enfoncer le clou et c’est la déferlante avec The Cell. La scénographie vient amplifier cette sensation de puissance : projections, lumières et gerbes de flammes accompagnent les morceaux sans jamais prendre le dessus sur la musique. Puis Flying Whales viendra casser ce rythme pour offrir un moment suspendu dans le temps.
Joe prend régulièrement la parole pour s'adresser au public. La proximité est étonnante compte tenu de l'ampleur du spectacle. GOJIRA a beau être le plus gros groupe de metal français, ses membres restent proches de leur premier public comme si nous étions une cinquantaine dans un café-concert. Le chanteur rendra notamment hommage aux frères Cavalera avant Love, tandis que Mario Duplantier s'offre son traditionnel moment de démonstration derrière les fûts. Et lorsqu'il se lance dans son solo de batterie, il n'y a plus grand-chose à ajouter. La batterie n'est plus seulement un instrument d'accompagnement : elle devient le centre du spectacle. Chaque frappe semble résonner jusque dans les gradins.
Puis la machine repart avec Grind, suivi par Another World dont le clip est projeté derrière la batterie de Mario, puis fondu enchaîné sur Silvera. Après quoi, arrive The Chant où le contraste est saisissant : après la violence des morceaux précédents, GOJIRA laisse davantage de place à la mélodie et à la communion avec le public. Le morceau devient presque un chant collectif. Enfin, Amazonia ramène ensuite les riffs massifs et l'urgence, avant que le groupe ne quitte la scène.
Bien évidemment le concert n’a pas encore touché à sa fin car il manquait encore à nos compatriotes de nous faire revivre leur passage lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024 sur la façade de la Conciergerie avec sa relecture de Mea Culpa (Ah! Ça Ira!), le chant révolutionnaire français et ça fait mouche auprès de l’assistance. Puis enfin The Shift of Guilt viendra conclure cet unique concert en France de GOJIRA pour cette année.
De NOVA TWINS à GOJIRA en passant par les frères CAVALERA et TRIVIUM, cette deuxième soirée à cocher toutes les bonnes cases pour laisser les festivaliers avec pleins de très bons souvenirs. Pour sa deuxième journée, le Heavy Weekend 2026 n'a pas simplement tenu ses promesses : il les a transformées en décibels, le constat est sans appel.
Trivium Gojira Nova Twins Heavy Week-End Cavalera