HEAVY WEEKEND 2026 – JOUR 1 // Nancy Open Air, Nancy – 05/06/2026

Sabaton nancy 2026 couv

Nous voici pour la première fois en Lorraine pour un festival créé il y a deux ans et qui commence à prendre de l’ampleur : le Heavy Weekend ! 12 groupes, 4 concerts par jour dans un lieu atypique qui n’est autre que le Zénith de Nancy. Il s’agit du seul Zénith de France a possédé un amphithéâtre en plein air qu’on appelle également le Nancy Open Air.

Pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds à ce Zénith, son architecture fait penser à une guitare Heavy Metal géante. L’amphithéâtre extérieur, d’une capacité de 25 000 spectateurs, est bien plus grande que la salle intérieure pouvant accueillir, quant à elle, un maximum de 8000 spectateurs. Et à peine arrivé sur le site, on ne peut que se rendre compte de la taille du Nancy Open Air, idéal pour un festival. Avec les stands de street food et autres food trucks sans oublier les bars, tout est là pour ravitailler les festivaliers venus en masse pour cette première soirée.

DOMINUM

C’est aux Allemands de DOMINUM que revient l’honneur d’ouvrir ce Heavy Weekend 2026. En seulement quatre ans d’existence, cette formation a déjà sorti deux premiers albums et à l’heure où le groupe est en train de jouer, s’apprêter à en sortir un troisième. Avec son univers horrifique assumé et ses maquillages de zombie, le groupe semble tout droit sorti d’un film d’horreur de série B. Je soupçonne même que le groupe Finlandais LORDI fasse partie de leurs inspirations.

Mais ne vous y tromper pas, DOMINUM possède une identité propre et imposée. Avec un Dr Dead en maître de cérémonie, le concert du groupe mélange théâtralité et d'énergie communicative. Si une partie du public découvre encore le groupe, les fans présents répondent déjà aux sollicitations en levant les poings et en reprenant les refrains les plus accrocheurs avec des chansons dont les titres sont plus qu’évocateurs, allant de Danger, Danger à Frankenstein en passant par The Circus Is In Town. Le combo nous jouera même pour la première fois en live leur reprise de Thriller de Michael Jackson.

Il ne pouvait pas y avoir meilleure mis en bouche de ce Heavy Weekend 2026 que ce show de DOMINUM. 40 minutes leur auront suffi à transformer un public encore clairsemé en une véritable marée de festivaliers prête à accueillir la suite du festival. Une ouverture convaincante qui confirme que les Allemands possèdent toutes les qualités pour s'imposer durablement sur les scènes européennes.

AVANTASIA

C’est maintenant au tour de Tobias Sammet et sa bande d’investir la scène du Nancy Open Air. Nous sommes toujours dans la continuité de la tournée autour de l’album Here Be Dragons très bien noté par la critique. Après leur passage à l’Olympia en 2025, le collectif est enfin de retour en France pour ce Heavy WE et comme la dernière fois à Paris, le show débute sur Creepshow. On notera l’absence d’Adrienne Cowan parmi les chœurs, cette dernière étant déjà en tournée avec son groupe SEVEN SPIRES. Mais Herbie Langhans et Chiara Tricarico sont bien présents pour donner la réplique à Tobias.

Pour ce qui est de la setlist, elle est bien évidemment plus épurée pour que ça tienne 1h, alors que le groupe a joué près de 3h à Paris. À la trappe les morceaux de plus de 10 minutes en dehors Let The Storm Descend Upon You. Du reste, la bande et ses guests ressortent quelques classiques comme Reach Out For The Light avec Kenny Leckremo de H.E.A.T., Avantasia avec Tommy Karevik de KAMELOT ou encore The Story Ain’t Over avec Bob Catley de MAGNUM. Ronnie Atkins de PRETTY MAIDS, de son côté, se joindra à Herbie pour Let The Storm Upon You, et avec Tobias toujours en chef d’orchestre. Ce dernier fera un magnifique duo avec Chiara sur Farewell.

Après Lucifer, Tobias annonce qu’ils vont jouer un morceau phare du répertoire d’AVANTASIA : Lost In Space. Pour les habitués du groupe qui joue plus de 2h en tête d’affiche, c’est assez inhabituel. Mais malheureusement l’heure tourne vite et AVANTASIA doit laisser sa place à SAVATAGE. Le set se conclue comme tous les autres avec le medley Sign of the Cross et The Seven Angels qui voit arriver tous les invités pour un chant collectif. Les Allemands quittent la scène après une belle ovation.

SAVATAGE

Il y a des retours que les fans de Heavy Metal à l’ancienne n’attendaient plus. Mais souvent l’appel de la scène est plus fort que tout et il est naturel que les membres de SAVATAGE ne pussent que l’entendre. Ces légendes ont offert un moment rare devant un public aussi curieux d’ému pour la plupart. Sans artifices démesurés, mais porté par une classe intacte, SAVATAGE a livré un concert chargé d’émotion et de maîtrise. Porté par un Zak Stevens impérial, le groupe américain a déroulé un set généreux mêlant classiques intemporels et morceaux plus épiques, de Gutter Ballet à Edge of Thorns, sans oublier l’incontournable Hall of the Mountain King.

Musicalement, SAVATAGE n’a rien perdu de sa superbe : guitares inspirées, claviers majestueux et refrains fédérateurs ont transformé le Zénith en véritable cathédrale du metal. À mesure que la nuit s’installe à Nancy, SAVATAGE transforme le Heavy Weekend en parenthèse hors du temps : un concert à la fois puissant, nostalgique et profondément sincère, prouvant qu’après plus de quarante ans de carrière, la magie opère toujours.

SABATON

En avant marche pour la première tête d’affiche du weekend ! C’est le grand retour de SABATON depuis leur passage à France en novembre dernier pour le Legendary Tour. Après ces concerts assez différents de ce que font les Suédois habituellement, les voici revenu à un cadre plus coutumier avec leur décorum militaire, bien que le tank sur lequel repose la batterie soit totalement inédit. Puis on notera le retour de l’intro de 2019/2020, une sorte de remix orchestral de Ghost Divison et qui est, à mon humble avis, la meilleure ouverture de SABATON. Et comme à chaque arrivée sur scène, le combo ne lésine pas sur la pyrotechnie pour débuter sur Ghost Division justement.

Comme toujours, SABATON nous a concocté une setlist taillée sur mesure pour le live mélangeant des morceaux culte à ceux du dernier album Legends. Mais avant ça, le groupe nous présente son nouveau single Yamato qui raconte l’histoire du vaisseau de guerre Japonais du même nom, un titre qui fait écho à Bismarck qui raconte celle du cuirassé Allemand. Après avoir raconté l’épopée du Baron Rouge avec Red Baron, les cloches sonnent pour annoncé le titre The Last Stand dont le thème porte sur l’action défensive de la Garde Suisse pontificale lors du Sac de Rome le 6 mai 1527. Puis ça s’enchaine sur Great War, la fameuse Grande Guerre, suivi par Stormtroopers et c’est durant cette dernière que le chanteur Joakim Brodén déclenchera un détonateur de… pyrotechnie évidemment !

La nuit est tombée sur le Nancy Open Air, c’est le moment idéal que choisi le taulier Pär Sundström pour présenter les chœurs qui rejoignent le groupe pour le reste du concert, The Legendary Choir et nous demander d’allumer les lumières de nos portables sur Christmas Truce pour un grand moment de communion avec le groupe et pour rendre hommages aux Poilus qui passaient Noël dans les tranchées. Puis ça continue avec Soldier of Heaven, véritable hymne qui rassemble et qui sera repris en chœur par l’assistance. On y verra le tank surplombée par le batteur s’élever dans les airs pour rendre le moment encore plus épique.

Puis c’est le moment de faire notre plus bel « Avé César ! » sur Crossing The Rubicon. Malheureusement, l’acteur qui incarne son personnage n’est pas présent. Mais après une nouvelle dose de feu d’artifice sur Night Witches, arrive le moment le plus épique du show. Alors qu’on ne s’y attendait pas et que Joakim nous parle en Anglais, une voix française se met à résonner dans les amplis. Il s’agit de Napoléon Bonaparte ! Oui bon, il s’agit d’un acteur bien sûr. Mais ce dernier rentre tellement bien dans son personnage qu’on y croirait à point qu’une Marseillaise s’improvise dans le public. Le personnage nous annonce que c’est le moment de chanter sa chanson : I, Emperor. Il se joindra à Joakim sur le pont du morceau pour chanter faux un passage en Français mais on ne lui en tiendra pas rigueur.

Le concert se poursuit avec des titres toujours aussi théâtraux comme The Attack of the Dead Men, Bismarck ou encore Templars, le fameux titre sur les Templiers, en passant par Hordes of Khan. Puis on sent que le concert s’approche de la fin lorsque les premières paroles à capella de Primo Victoria se font entendre. Ce morceau est toujours présent à chaque show de SABATON, rappelant cet événement majeure de l’histoire, le fameux débarquement en Normandie le 6 juin 1944. Après quoi, le public, toujours au taquet, commence à entonner les « Ho HO ho » de Swedish Pagans. Ce titre désormais légendaire reste celui qui fait le plus communier les fans du groupe avec ses membres, si bien qu’ils font durer le plaisir en rallongeant le pont du morceau. Puis avant de terminer avec To Hell And Back, SABATON nous fera profiter en exclu du titre The First Soldier, racontant l’histoire épique de ce fameux héros français de la Première Guerre Mondiale : Albert Roche.

En clôturant ce premier jour du Heavy Weekend, SABATON a une nouvelle fois démontré pourquoi il figure parmi les plus grandes machines de scène du metal actuel. Entre puissance, précision et sens du spectacle, les Suédois ont offert un final fédérateur qui a fait vibrer le public jusqu'aux dernières notes.

La suite dans notre prochain live-report portant sur la deuxième journée avec d’autres très beaux noms : NOVA TWINS, CAVALERA CHAOS A.D., TRIVIUM et GOJIRA.

Photos : Solen Gueho

Sabaton Savatage Avantasia Dominum Heavy Week-End