AVALANCHE : Interview des guitaristes Veronica Campbell & Blake Poulton

Avalanche 2026

Dans la nouvelle vague du Hard Rock Australien, AVALANCHE fait partie de ces groupes qui perpétuent l’héritage du rock énergique et sans compromis qui a fait la réputation du pays.  Entre riffs affûtés, refrains accrocheurs et une approche résolument fidèle à l’esprit du rock classique, AVALANCHE s’inscrit dans la lignée des formations qui privilégient l’authenticité et l’intensité. À l’occasion de cette interview, les guitaristes Veronica Campbell et Blake Poulton reviennent respectivement sur le parcours du groupe et son intégration, ses influences, le premier album Armed To The Teeth et les ambitions pour les années à venir.

WTH : Je suis avec le guitariste rythmique d'Avalanche, qui s'appelle Blake Poulton. Depuis combien de temps es-tu dans le groupe ?

Blake : J'ai commencé à jouer avec ce groupe en décembre 2024. Ils venaient d'avoir un problème de personnel et ils avaient quelques concerts de prévus qu'ils ne voulaient vraiment pas annuler. Alors, ils m'ont appelé car je venais de prendre ma retraite des concerts, donc ils savaient que j'étais disponible. Ils m'ont appelé alors que je venais de me retirer de la scène, donc ils savaient que j'étais libre.

WTH : Récemment retraité ? Tu as 25 ans à tout casser.

Blake : Ouais, partons sur 25 ans. Ça sonne bien. J'avais terminé avec mon groupe précédent et je ne faisais pas grand-chose, donc ils savaient que je n'avais rien d'autre en cours. Ils ont dit : "Écoute, on a des concerts qui arrivent, des dates vraiment importantes. Est-ce que tu peux juste venir nous dépanner un peu ?" Et j'ai dit : "Ouais, d'accord, ces concerts ont l'air sympas". J'ai accepté de les faire. Et puis, avec le temps, l'engagement a tout simplement grandi. C'était du genre : "Eh bien, la relation fonctionne vraiment bien. Nous sommes tous heureux". Donc, finalement, on a transformé ça en un truc à plein temps. Et ça nous mène jusqu'ici.

WTH : Le remplacement est devenu une éternité.

Blake : Ouais, c'est ce qui m'arrive avec pratiquement tous les groupes dans lesquels j'ai été. Ils disent : "Hé, tu veux rejoindre le groupe ?". Je réponds non, mais je vais vous dépanner. Et puis, après un certain temps, je finis par dire : "D'accord, je rejoins le groupe".

WTH : Veronika nous rejoint. Bonjour !

Blake : Pas de souci. Non, on parlait juste de mes origines. On en est au moment où je me fais mordre par une araignée radioactive.

Veronica : Je vais bien, merci. Les balances sont faites, tout est prêt.

WTH : Donc, je demandais juste : quand le groupe s'est formé, tu l'as d'abord créé avec Steven, puis d'autres personnes vous ont rejoints ?

Veronica : Oui, c'est exact. Oui, Steve et moi l'avons formé en 2018. On a eu quelques personnes qui sont passées, et finalement nous avons trouvé ce gars (Blake), notre batteur, Bon, et c'est le meilleur line-up que nous ayons eu. On a décidé de le garder. Oui, on a décidé de le garder après l'avoir trouvé perdu dans la rue.

Blake : Ils me supportent pour l'instant.

Veronica : Non, c'est le meilleur guitariste que je connaisse, donc il a vraiment aidé à élever le groupe à un autre niveau.

Blake : Je pense que ça veut juste dire qu'elle a besoin de connaître plus de guitaristes.

WTH : Je pense que tu ne te débrouilles pas si mal en tant que guitariste. J'ai vu quelques vidéos, ton "shredding" est assez impressionnant.

Veronica : Oh, merci.

WTH : Alors, votre premier album, Armed to the Teeth, est sorti il y a quelques jours seulement. Avez-vous déjà reçu des retours des fans ou des critiques ?

Veronica : Oui, absolument. On reçoit tellement de chroniques chaque jour qu'il est difficile de tout suivre. C'est vraiment fou et impressionnant. Les fans aussi... on essaie de rencontrer les gens après notre set, on est à la table du merchandising pour voir tout le monde après chaque concert, et ils nous ont presque tout vendu en vinyle. Ils l'achètent tous, ils adorent, donc c'est vraiment dingue.

Armed to the teeth artwork

WTH : Le retour du vinyle ?

Veronica : Oui, vinyles et CD, on est presque en rupture.

Blake : Je pense que le vinyle marche bien parce que c'est un grand support. On peut voir l'artwork très clairement, alors que quand c'est réduit à la taille d'un CD, c'est un peu plus difficile à voir.

Veronica : C'est une illustration très vive et colorée.

Blake : J'aime aussi davantage signer les vinyles, parce que je vois ce que je fais.

WTH : Il y a une énorme influence "Aussie pub rock" dans votre groupe. À votre avis, qu'est-ce qui rend la scène rock australienne si unique et pourquoi ?

Veronica : C'est une bonne question. Le rock australien est vraiment un genre à part entière. C'est ce à quoi on pense quand on imagine des gens ivres dans un pub, en train de faire du "headbang" sur une musique rock brute et forte. C'est littéralement l'essence même de la musique underground.

Blake : Je vois ça comme une musique conçue pour plaire aux travailleurs (les cols bleus), faite souvent par des gens qui ne sont pas si éloignés de ce milieu. C'est très authentique et très "rue". Ça n'essaie pas d'être trop intelligent dans sa production ou sa livraison. Je pense que les gens s'identifient et apprécient cet aspect sincère.

Veronica : C'est simple, mais c'est très puissant. Beaucoup de gens, d'horizons très divers, peuvent vraiment s'y reconnaître. Si c'est quelque chose que vous entendez et que vous avez instantanément envie de secouer la tête, c'est ça le rock australien, je pense.

WTH : C'est votre cinquième concert cette semaine. Comment gérez-vous l'intensité physique de vos spectacles ? Ne souffrez-vous pas du décalage horaire ? Car l'Australie est un peu loin d'ici.

Veronica : On a réussi à éviter complètement le décalage horaire parce qu'on a voyagé pendant environ quatre jours d'affilée. On a dû voler jusqu'à Hong Kong, puis on a volé vers Londres pour récupérer notre matériel de prêt chez Marshall et Orange. Ils ont eu la gentillesse de nous prêter des amplis gratuitement pour la tournée, donc on a dû passer par Londres d'abord. Ensuite, on a conduit directement jusqu'en Allemagne, donc c'était littéralement quatre jours de voyage non-stop. On n'a même pas ressenti le décalage horaire parce qu'on est restés éveillés pendant quatre jours.

Blake : Je ne sais pas si je recommanderais cette méthode à quelqu'un d'autre pour éviter le décalage horaire. Il y a probablement des façons plus intelligentes ou plus sûres de le faire. On n'avait pas vraiment le choix.

WTH : Avez-vous remarqué une différence entre le public australien et le public européen ?

Blake : Oui. La différence, c'est que je trouve le public européen beaucoup plus prêt et disposé à s'autoriser à apprécier de la nouvelle musique. À Sydney, on a souvent l'impression de devoir travailler extrêmement dur pour impressionner les gens. Il faut beaucoup de temps au public australien pour s'intéresser à vous si vous n'êtes pas déjà connu, ce qui est étrange. L'Australie a pourtant été le terrain fertile pour le genre de musique que fait ce groupe. Je ne sais pas trop ce qui se passe là-bas, ça n'a pas vraiment de sens pour moi. Quand je vais voir un groupe pour la première fois, si j'aime, je vais leur dire. Je m'autorise pleinement à apprécier. C'était libérateur de venir ici en Europe et de voir les visages des gens s'illuminer dès la première note. C'est un sentiment génial.

Veronica : Oui, les gens ont été très accueillants et très gentils. J'ai vraiment aimé rencontrer tout le monde après le concert, discuter avec eux et signer des trucs. Tout le monde a été tellement adorable. C'est vraiment sympa, je trouve.

WTH : J'espère que vous apprécierez le public français.

Veronica : Oui, absolument. Très impatiente de jouer à Paris pour la première fois.

WTH : Parlez-nous de votre collaboration avec Steve James, le célèbre producteur.

Veronica : Oui, c'était la première fois qu'on travaillait avec un producteur, en fait. Il a travaillé avec Airbourne auparavant. Il a bossé avec beaucoup de grands groupes de pub rock australiens comme Cold Chisel, The Angels et d'autres. Ils ne sont peut-être pas aussi connus ici, mais ils sont très grands en Australie. C'était un plaisir de travailler avec lui. Il ne nous a donné que de toutes petites notes. Des choses comme : "continuez la batterie un peu plus ici", "coupez cette section" ou "changez un peu l'accord ici". Juste des choses vraiment mineures. C'était la dernière pièce du puzzle qui a finalisé la chanson, des choses auxquelles nous n'aurions pas forcément pensé nous-mêmes. Nous avons gardé cela en tête pour notre écriture à l'avenir également. Travailler avec une source extérieure a vraiment été une très bonne expérience.

Steve james photo 02 1024x768

WTH : Blake, as-tu participé à l'album ?

Blake : J'ai participé à l'album, mais les sessions auxquelles j'ai pris part n'étaient pas dirigées par Steve. Je vais rejoindre ce que Veronika a dit. La marque d'un bon producteur n'est pas qu'il remodèle complètement le son d'un groupe. C'est de capturer et de distiller ce qu'ils font déjà. Faire des changements radicaux n'est probablement pas l'objectif. Si vous pouvez faire d'une chanson tout ce qu'elle peut être avec une infime modification, c'est que vous avez une bonne oreille.

Veronica : Je suppose qu'un bon exemple est la chanson "Bottle of Sin". À l'origine, le deuxième couplet était juste comme le premier, c'était un peu plus calme. Mais il a dit : "après le refrain, gardez l'énergie, continuez sur la lancée". Donc on a rendu le deuxième couplet plus semblable au refrain qu'au premier couplet. Et on a un peu fait ça avec chaque chanson depuis lors. Donc, des petits changements comme ça ont vraiment aidé à affiner notre son.

WTH : Une petite aide sur une chanson peut aider pour les autres ?

Veronica : Et aussi retirer le superflu des chansons. Ne pas avoir besoin de sections qui s'éternisent ou qui relèvent un peu de l'ego trip. Juste rester serré, garder l'essentiel de la chanson, c'est ce dont on a besoin.

WTH : Comment s'est faite la connexion avec Airbourne et spécifiquement avec le chanteur Joel O'Keefe ?

Veronica : On vient de Sydney mais on joue partout en Australie. On joue beaucoup à Melbourne, qui est l'endroit où Joel et le groupe vivent, je crois. Ils sont venus à pas mal de nos concerts à Melbourne. On l'a aussi croisé par hasard dans des bars là-bas. Mais oui, il y a quelques années, il nous a vus jouer dans un tout petit bar miteux à Melbourne. Il y avait peut-être une douzaine ou deux douzaines de personnes. Et il pogotait à fond pendant notre set. On a commencé à lui parler. Il travaillait avec Steve James, donc on a un peu parlé de ça. On lui a envoyé tous les masters de l'album. Et il les a écoutés, il a dit qu'il les avait écoutés très attentivement sur de grosses enceintes, ce qui était un honneur pour nous. Et il nous a appelés pour nous dire que la chanson "Armed To The Teeth" était l'une des meilleures nouvelles chansons rock qu'il ait jamais entendues. Il la comparait à "Let There Be Rock" et au début d'ACDC. Et j'ai écrit ce riff quand j'avais environ 16 ans, en apprenant à jouer de la guitare sur des chansons d'Airbourne. Alors, entendre cela de sa part, lui qui est essentiellement mon guitar heros, me dire qu'il aime vraiment notre chanson, c'était vraiment un grand moment. Et c'est pour ça qu'on a appelé l'album Armed To The Teeth.

WTH : J'imagine qu'ouvrir pour eux est comme un rêve d'enfant ?

Veronica : Absolument. C'est un rêve d'adulte. C'est un rêve d'enfant et un rêve d'adulte, c'est certain.

WTH : Comment l'opportunité de tourner avec eux s'est-elle présentée ?

Veronica : On en discutait avec Joel depuis un moment. Il a vraiment poussé pour nous. Évidemment, les promoteurs ici n'étaient pas sûrs de prendre un groupe australien complètement inconnu. Ils ne savaient pas si on était professionnels, si on allait faire du bon boulot. Mais Joel croyait vraiment en nous. Il s'est vraiment battu pour nous et il nous a obtenu cette tournée, on ne pourrait pas être plus reconnaissants.

WTH : Est-ce que le sentiment est différent quand vous passez d'une scène locale de pub rock australien à une scène plus large à l'autre bout du monde ?

Veronica : Je dirais oui et non. C'est un peu le même sentiment d'une certaine manière. On a toujours un peu de trac mais aussi beaucoup d'excitation, et on canalise tout ça dans le spectacle. C'est un peu la même chose, mais en beaucoup plus amplifié, je dirais. Donc ouais, c'est génial. C'est une sensation vraiment cool. C'est beaucoup d'énergie nerveuse, mais ça ressort directement dans le jeu et dans le show. Donc oui, ça se transforme en bonne énergie, c'est sûr.

WTH : Parlons de vos influences musicales. AC/DC, Airbourne et Rose Tattoo sont évidentes. Y a-t-il d'autres groupes, pas forcément australiens, qui vous ont influencés ?

Veronica : Oui, tout à fait. En fait, j'aime beaucoup la musique blues. J'aime beaucoup John Lee Hooker, B.B. King, et même des groupes de blues plus récents comme Candy et Free.

WTH : ZZ Top peut-être ?

Veronica : ZZ Top, oui. J'adore le blues, c'est de là que tout vient. Ce sont les bases. C'est vraiment plein d'âme. Leur façon de jouer n'est que sentiment et émotion. Ce n'est pas une question de gammes ou de trucs techniques, et c'est ce qui m'a toujours attirée et ce que j'essaie d'apporter dans mon propre jeu également.

WTH : Et toi, Blake, quelles sont tes influences ?

Blake : Tu n'en entendras probablement pas beaucoup sur l'album parce que je n'y ai pas beaucoup contribué. Je suis arrivé assez tard dans l'aventure. Mais j'ai de la chance d'être né au début des années 90. Donc quand j'ai commencé à prendre conscience du monde autour de moi, ce qui marchait fort, c'était le grunge. J'ai grandi avec des cousins plus âgés qui ont connu la musique des années 80, comme Queen ou Guns N' Roses, Skid Row. Donc ils m'ont exposé à ça. Mes parents ont grandi avec la musique des années 60 et 70. C'est de là que je tiens Deep Purple, Black Sabbath et Van Halen. Et j'ai deux générations différentes de grands-parents : l'une qui était à fond dans Elvis et l'autre qui aimait beaucoup des gens comme Johnny Cash. Donc toute mon éducation musicale vient de toutes ces personnes qui se sont occupées de moi. J'ai en moi cinq décennies de musique solide. Tout ça est canalisé en moi et il en ressort dans ce que je fais, peu importe ce que c'est.

Avalanche - Armed To The Teeth (Official Music Video)

WTH : Y a-t-il d'autres groupes avec lesquels vous aimeriez tourner dans les années à venir ?

Veronica : Oui, AC/DC serait un rêve s'ils ne prennent pas leur retraite bientôt. Pareil pour les Rolling Stones, c'est un autre groupe que j'aime vraiment beaucoup. Il y a un nouveau groupe d'Australie, tu n'en as peut-être pas entendu parler. Ils s'appellent Southern River Band. Ils commencent à tourner assez souvent en Europe. Ils prennent pas mal d'ampleur ici. C'est un très bon groupe de rock and roll teinté de blues. Donc on adorerait tourner avec eux aussi.

Blake : J'adorerais faire quelque chose avec The Darkness. C'était en quelque sorte la résurgence du rock classique quand j'étais au lycée. Ils sont sortis quand j'étais un gamin qui apprenait la guitare. Je me disais : "Oh, c'est cool de faire ça maintenant. C'est ok d'aimer ce genre de musique désormais". Ces gars-là le font, donc c'est clairement possible. Sinon, il y a Slash, Myles Kennedy & The Conspirators.

Veronica : Guns N' Roses ?

Blake : Ouais, Guns N' Roses. Guns N' Roses, c'est peut-être encore un peu inaccessible. Des trucs comme ça.

WTH : Alter Bridge était ici il y a deux jours.

Blake : Oh, c'est vrai. Ils voyagent dans le coin en ce moment. J'adore Alter Bridge.

WTH : Nous sommes à Paris au Zénith. Si vous deviez choisir une chose typiquement française à ramener dans votre bus de tournée et à garder avec vous jusqu'à la fin de la tournée, ce serait quoi ? Fromage, vin, l'énergie du public parisien ?

Veronica : Juste des pains au chocolat. Ils sont très bons. J'ai mangé mon premier ce matin. C'était excellent. On n'en a pas de très bons du tout en Australie.

WTH : Vous n'avez pas de boulangeries françaises partout dans le pays ?

Veronica : Pas près de chez moi. J'habite dans l'ouest de Sydney. Il n'y en a pas beaucoup de françaises. Je me souviens qu'on a tourné à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, qui est une ancienne collonie française. C'était la première fois que je mangeais un croissant qui était très, très bon. J'en ai mangé un autre aujourd'hui. Je suis contente et j'en ramènerais bien avec moi.

WTH : Et toi Blake ?

Blake : On m'a dit que le café parisien était plutôt bon. Je n'ai pas encore pu en goûter, mais si c'est à la hauteur de ce qu'on m'a dit, j'aimerais avoir une réserve constante de café de bonne qualité. C'est la seule chose qui me maintient en vie.

WTH : Dernière question. Si vous aviez quelques mots à dire à nos lecteurs, ce serait quoi ?

Veronica : Gardez le rock and roll en vie. Continuez à venir aux concerts, à soutenir les groupes et à passer du bon temps. On pourra tous s'amuser si ça continue.

Blake : Je suis sûr que beaucoup de vos lecteurs jouent eux-mêmes de la musique, ou sont en train d'apprendre à jouer ou à écrire des chansons. Tout ce que je veux qu'ils sachent, c'est que nous avons commencé exactement au même point qu'eux. On est juste des gars qui ont travaillé dur et avec un peu de chance, on a réussi à arriver là où on en est. J'espère que cette tendance va continuer, mais rien n'empêche n'importe qui d'autre de faire ce qu'on fait.

Veronica : Continuez simplement, travaillez dur et "rockez" encore plus fort.

Blake : Soyez passionnés, soyez engagés. La vie peut vous emmener dans des endroits fous et étranges.

WTH : D'accord. Merci beaucoup pour cette interview. Merci.

Avalanche paris 2026 end of show

Avalanche