HEAVY WEEKEND 2026 – JOUR 3 // Nancy Open Air, Nancy – 07/06/2026

Electric callboy nancy 2026 couv

Il y a des dimanches qui sentent la fin du week-end, et puis il y a ceux qui se terminent dans un déluge de riffs, de confettis et de décibels. Pour cette troisième et dernière journée du Heavy Weekend 2026, le rendez-vous nancéien nous a concocté une affiche aussi éclectique que décomplexée : SHAÂRGHOT, ICE NINE KILLS, THREE DAYS GRACE et ELECTRIC CALLBOY. Quatre groupes, quatre univers et une seule mission : faire oublier que le lendemain, il faudra reprendre le cours normal de nos vies.

SHAÂRGHOT

Pas question de démarrer tranquillement. Pour ouvrir cette dernière journée, SHAÂRGHOT débarque avec son univers dystopique et son metal industriel aussi abrasif que théâtral. La scène se transforme en territoire postapocalyptique. Corps couverts de noir, costumes futuristes, fumée épaisse et créatures inquiétantes composent un tableau aussi dérangeant que fascinant. Mais SHAÂRGHOT ne se contente pas de soigner son esthétique. Derrière les artifices, les riffs frappent fort, la rythmique cogne et la fosse se réveille rapidement. Les premiers pogos se forment, les premiers slams s'envolent et le public répond aux injonctions du frontman avec une énergie communicative. En quarante minutes, SHAÂRGHOT réussit son pari : réveiller les corps, secouer les esprits et installer une atmosphère qui ne ressemble à aucune autre. Une ouverture spectaculaire, qui rappelle que le metal français sait aussi créer des univers scéniques singuliers.

ICE NINE KILLS

À peine le temps de reprendre son souffle que l'ambiance change radicalement. Avec ICE NINE KILLS, nous quittons les ruines d'un futur dystopique pour entrer dans un véritable cauchemar hollywoodien. Spencer Charnas et sa bande ont fait de l'horreur leur terrain de jeu. Chaque morceau devient l'occasion de convoquer l'imagerie du cinéma de genre, entre costumes, accessoires sanglants et apparitions théâtrales. Ici, la scène n'est pas seulement un espace musical : c'est un plateau de tournage où chaque titre possède son propre scénario. Les fans connaissent la recette et attendent chaque nouvelle séquence avec une impatience palpable. Les riffs metalcore s'enchaînent, les refrains mélodiques fédèrent la foule et les ruptures rythmiques déclenchent des mouvements de fosse toujours plus intenses. Le groupe déroule son arsenal horrifique avec une précision redoutable.

Les changements de costumes et les effets visuels renforcent l'impression d'assister à une succession de courts-métrages musicaux. On vient autant pour entendre les morceaux que pour découvrir la manière dont ils seront mis en scène. Le moment fort survient avec l'arrivée surprise d'Alissa White-Gluz, ancienne chanteuse d'ARCH ENEMY, venue prêter sa voix sur deux titres. Une apparition qui fait monter la température d'un cran et offre aux fans l'un des souvenirs marquants de cette journée. ICE NINE KILLS livre ainsi un concert intense, généreux et visuellement impressionnant. Une véritable déclaration d'amour au cinéma d'horreur, avec suffisamment de puissance musicale pour convaincre bien au-delà des amateurs de films sanglants.

THREE DAYS GRACE

Après l'horreur et le grand spectacle, place à une autre forme d'émotion. Avec THREE DAYS GRACE, le Heavy Weekend retrouve les grandes heures du rock alternatif des années 2000, ces morceaux que l'on a écoutés en boucle, parfois seul dans sa chambre, parfois à plein volume dans une voiture. Le groupe canadien entre en scène et la réaction du public est immédiate. Les premiers accords de Dominate lancent les hostilités, avant qu’Animal I Have Become ne déclenche une véritable déferlante de voix dans le public.

Très vite, les classiques s'enchaînent. I Am Machine, I Hate Everything About You et Painkiller réveillent une mémoire collective. Les refrains sont repris à pleins poumons, les bras se lèvent et les visages affichent ce mélange de joie et de nostalgie qui fait toute la magie des concerts. Car THREE DAYS GRACE ne joue pas simplement sur le terrain des souvenirs. Le groupe maintient une énergie solide et directe, avec des guitares puissantes, une section rythmique efficace et une présence scénique qui privilégie la connexion avec le public plutôt que les artifices.

La prestation prend également une dimension plus intime lorsque les musiciens évoquent leur histoire et leur attachement au groupe. Derrière les tubes et les décibels, il y a des années de parcours, des changements, des retrouvailles et une relation durable avec les fans. Les crowd surfers traversent la fosse, les refrains deviennent de véritables chants collectifs et l'émotion culmine sur Never Too Late et Riot. À cet instant, le Zénith ne ressemble plus seulement à une salle de concert : il devient une immense chorale rock. THREE DAYS GRACE réussit là où les meilleures prestations de festival excellent : transformer des chansons familières en moments partagés, capables de réunir plusieurs générations de fans.

ELECTRIC CALLBOY

Place à ELECTRIC CALLBOY ! Les Allemands ont une mission simple : transformer le Heavy Weekend en gigantesque piste de danse metal. Et ils ne tardent pas à la remplir. Dès les premières notes de Tanzneid, la scène s'illumine et l'énergie change de dimension. Les tenues improbables, les costumes décalés et l'humour volontairement excessif font partie intégrante du spectacle. Ici, personne ne semble prendre les choses trop au sérieux, à l'exception peut-être des musiciens lorsqu'il s'agit de faire trembler la fosse. Le cocktail est explosif : metalcore, électro, techno, refrains pop et breakdowns ravageurs. Une formule qui pourrait sembler improbable sur le papier, mais qui prend tout son sens en concert.

TEKKNO TRAIN, Pump It et l'incontournable reprise d'Everytime We Touch transforment le public en une masse bondissante. Les bras s'agitent, les pogos se multiplient et les refrains sont repris à l'unisson. Les barrières semblent parfois bien petites face à l'enthousiasme de la foule. Mais ELECTRIC CALLBOY ne mise pas uniquement sur ses tubes. Le groupe soigne chaque détail de sa production : changements de costumes express, projections, effets pyrotechniques, jets de flammes et explosions de confettis. Même le solo de batterie prend une tournure décalée, dans une séquence qui oppose le musicien à un robot projeté sur l'écran géant. Le spectacle est aussi généreux que déjanté. On rit, on saute, on chante et l'on se surprend à danser sur des passages qui, quelques heures plus tôt, auraient pu sembler incompatibles avec l'idée que l'on se faisait du metal. Puis arrive le sprint final. RATATATA et We Got the Moves achèvent de mettre le public en fusion. Les dernières minutes sont à l'image de cette prestation : bruyantes, colorées, festives et totalement décomplexées.

ELECTRIC CALLBOY ne se contente pas de clôturer les concerts. Le groupe transforme la fin du festival en une véritable célébration collective, où la frontière entre metal et fête disparaît complètement.

Le Heavy Weekend 2026 s'achève donc sur une note festive, après trois jours où les styles se sont succédé sans jamais donner l'impression de tourner en rond. Et parce qu'un festival n'est jamais vraiment terminé tant que l'on n'a pas annoncé la suite, une dernière bonne nouvelle attend les festivaliers : le Heavy Weekend donne déjà rendez-vous à son public du 4 au 6 juin 2027. D’ici là, il reste les souvenirs, les photos, les oreilles qui sifflent encore un peu et cette sensation familière de vide après un grand week-end de concerts. Une chose est sûre : à Nancy, le dimanche n'aura décidément pas été un jour de repos.

Photos : Solen Gueho

Shaârghot Electric Callboy Ice Nine Kills Three Days Grace