B7KLAN J-ROCK FEST 2026 – JOUR 1 // Arena Grand Paris, Tremblay-en-France – 11/07/2026
- Par Romain D.A.
- Le 01/11/2026
- Dans Live-reports

Durant la fin des années 2000 et début des années 2010, le Visual Kei, style de musique originaire du Japon qui mise autant sur la musique que sur l’esthétique, était à son apogée en Europe. Enormément de groupes de Visual Kei ont pu foulé les planches des salles européennes grâce notamment à B7Klan et Torpedo Productions, faisant venir des gros noms comme KAGEROU, D’ESPAIRSRAY ou encore VERSAILLES.
Malheureusement, l’engouement du public européen s’était estompé au fil du temps, beaucoup moins de concerts ont eu lieu en Europe notamment en France à partir de 2015 malgré le passage de THE GAZETTE au Zénith de Paris en 2016 et au Bataclan en 2019. Arrive ensuite la pandémie de COVID-19, qui rendu plus qu’incertain le retour de ces groupes sur le vieux continent.
Malgré tout, et pour fêter les 20 ans de B7KLAN, son fondateur a tenté le pari fou de réunir des groupes de Visual Kei, pour certains séparés et reformés, d’autres toujours présent mais rarement venu en Europe, ainsi que quelques groupes émergents et deux groupes européens invités pour l’occasion, le temps d’un weekend et ce dans une grande salle de 7000 spectateurs. Un festival sur deux jours, le B7KLAN J-Rock Fest, est né par cette volonté de faire revivre le Visual Kei en Europe. Pari réussi ! Ce festival s’est tendu les 11 et 12 juillet dernier et je vais vous en raconter les grandes lignes !
DJ SiSeN / SOU(f)FRE
Pour ce premier jour, la programmation frappe fort. On retrouve tout d’abord DJ SiSeN chargé d’ouvrir la programmation musicale. Une entrée en matière qui permettait de placer le festival dans son univers, avant l’enchaînement des performances live. Puis arrivent les français de SOU(f)FRE qu’on a déjà eu en interview et qu’on a déjà eu l’occasion de voir en ouverture de DEVILOOF en 2025. Face à un public habituellement difficile lorsqu’il ne s’agit pas d’un groupe Japonais, la formation fait quand même mouche. Avec une esthétique soignée, notamment le chanteur Euryale qui arbore un masque qui a un petit peu évolué depuis la dernière fois, leur forte identité visuelle trouve sa place parmi les groupes de Visual Kei et leurs différentes expressions. Malgré ce contraste évident, c’est précisément ce qui rend cette ouverture intéressante. SOU[f]FRE a imposé d’emblée une intensité qui parle aux amateurs de metal présents dans la fosse et démontre que la scène française.
MUSYOZOKU
La suite revient à MUSYOZOKU, formation gagnante du concours qui l’a permise de rejoindre l’affiche du festival. Le groupe, également référencé sous le nom de I to Rito no Mushozoku, effectuait à cette occasion ses débuts européens. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son univers ne passe pas inaperçu. Avec une esthétique provocatrice, le groupe se démarque par les personnages qu’incarne ses membres, notamment le bassiste avec son allure de clown, mais aussi leur chanteur dans un style totalement décalé avec son sac à dos rouge d’écolier. Mais derrière cette apparence déjantée se cache une prestation particulièrement intense avec des reprises de leur ancien groupe GULU GULU mêlées à des chansons originales.
KIZU
C’est au tour de KIZU d’investir la scène. Ce groupe présente une autre facette du Visual Kei, une orientation plus sombre et mélancolique, proche de l’Angura Kei, variante du Visual Kei. Les compositions alternent entre puissance, noirceur et passages plus mélodiques, sans jamais perdre en intensité, des titres qui vont de Jigoku et Kizuato à Buta et R/E/D/ en passant par Kuroi Ame et Strawberry Blue. Sur scène, les quatre musiciens évoluent avec une synchronisation caractéristique des performances Visual Kei, où les gestes et les déplacements participent pleinement au spectacle. Dans la fosse, les sauts et les mains levées témoignent d’un public déjà bien échauffé. KIZU apportait ainsi une nouvelle couleur à cette journée, rappelant que le Visual Kei ne se résume pas à une esthétique spectaculaire : il constitue aussi un terrain d’expression musicale où les atmosphères, les contrastes et les univers propres à chaque formation jouent un rôle essentiel.
LM.C
On change à nouveau de contraste avec LM.C qui propose une autre variante du Visual Kei, l’Oshare Kei, un style qui se veut joyeux, optimiste et coloré. Le duo, composé de Maya et Aiji, proposait une setlist mêlant plusieurs titres emblématiques de son répertoire allant de Oh my Juliet et DOUBLE DRAGON à Elephant In The Room en passant par Funny Phantom et 88, des chansons qui ont accompagné les fans depuis des années. Moment particulièrement touchant, Maya prend également la parole en français pour remercier les fans de leur fidélité. Accompagné de deux musiciens de session à la basse et à la batterie, le duo démontre que son univers conserve toute sa force sur scène. Entre énergie communicative et mélancolie, LM.C réussit à faire cohabiter souvenirs et plaisir du présent. Dans une programmation aux sensibilités contrastées, son passage constituait une étape distincte avant l'arrivée de MUCC.
MUCC
On passe maintenant à un incontournable de la scène rock/metal japonaise. Tout comme DIR EN GREY, MUCC s’est formé en 1997 et a évolué dans la sphère Visual Kei à ses débuts avant de rapidement d’affranchir des codes de styles. Dès les premières notes de Suiren, l’attention se porte sur la scène. L’arrivée de Psycho fait monter la pression : les guitares de Miya, la basse de Yukke et la voix expressive de Tatsurō composent un ensemble puissant, soutenu par Natsu (NOCTURNAL BLOODLUST), batteur de session qui a également joué pour MUSYOZOKU plutôt dans la journée. Après ce début un peu posé, c’est maintenant l’explosion avec Fuzz qui met tout le monde d’accord, alors que le chanteur nous joue quelques notes d’harmonica.
La setlist fait ensuite place à des titres comme Iris, Ageha, LIP STICK ou encore Nirvana. Ce parcours à travers onze titres témoignait de la richesse du répertoire du groupe et de sa capacité à réunir différentes périodes de sa carrière dans un même concert.
MUCC occupait une place importante dans cette première journée, à la croisée de plusieurs sensibilités du rock japonais. Sa présence préparait également le terrain pour le grand rendez-vous de la soirée : le concert de VERSAILLES.
VERSAILLES
C’est déjà l’heure d’accueillir la tête d’affiche d’aujourd’hui, les aristocrates de VERSAILLES pour clôturer cette première journée. Alors que le concert s’ouvre sur l’habituel Prelude, les membres du groupe arrivent un à un, toujours dans des tenues élégantes. Tout d’abord Hiroki, le batteur de session qui remplace Yuki qui a quitté le groupe fin 2023 pour des raisons de santé. Puis arrive le bassiste Masashi suivi les deux guitaristes, Teru et le virtuose Hizaki. Et c’est Kamijo le chanteur qui ferme la marche avant de joue la symphonie des aristocrates. Puis le quintet déroule une sélection de titres emblématiques tel que Shoot & Bites, Masquerade, Suzerain ou encore Ascendead Master.
Cette sélection faisait la part belle aux différentes facettes de l'identité de VERSAILLES : compositions ambitieuses, arrangements symphoniques et imaginaire visuel inspiré d'un univers aristocratique. Un choix particulièrement cohérent pour une soirée consacrée au Visual Kei, où musique et esthétique se répondent constamment. Zombi fera également son petit effet sur le public qui réagit bien. Sur Sympathia, Kamijo nous fera brandir les fleurs lumineuses représentant des roses, une fleur qui fait partie intégrante de la direction artistique du groupe.
Après plus d’une heure de show, c’est désormais le grand final avec le morceau le plus culte de la discographie de VERSAILLES : The Revenant Choir. Mais avant, une grande nouvelle nous attendait. VERSAILLES annonce son intention de revenir à Paris en 2027 pour célébrer son vingtième anniversaire. Une nouvelle qui donne une résonance particulière à cette soirée. Après des années d’attente, les fans peuvent désormais envisager de nouvelles retrouvailles avec le groupe. Et peut-être, peut-on l’espérer, un concert exceptionnel organisé dans la cour du château de Versailles, qu’en pensez-vous ? VERSAILLES conclut finalement son set avec son titre phare. Les guitaristes Teru et Hizaki impressionnent par la précision de leurs solos et leur virtuosité, alors que Kamijo chante les paroles dans un anglais quasi-irréprochable.
En plaçant VERSAILLES en tête d'affiche, le festival offrait à cette première journée une conclusion à la mesure de son ambition : mettre en avant un groupe dont l'univers artistique illustre de façon particulièrement marquée les possibilités du Visual Kei.
Crédits photos : David Poulain – Jee Chung – Laura Gilli
MUCC Versailles SOU/f/FRE LM.C Kizu