DEVILOOF + SOU(F)FRE // FGO Barbara, Paris - 29/11/2025

Deviloof paris 2025 couv

Nous les attendions depuis longtemps. La formation Japonaise DEVILOOF, seule représentante du Visual Kei à proposer une musique Deathcore, aussi ravageuse de violente, débarque enfin à Paris. Après une première tentative avortée à cause de la pandémie en 2020, le groupe a du attendre encore 5 ans avant de venir sur le vieux continent.

Après un passage remarqué au Resurrection Fest en Espagne l’été dernier, DEVILOOF s’attaque maintenant à la capitale française avec un show du FGO Barbara. Ils étaient accompagnés par une formation que vous connaissez déjà car nous avions interviewer son chanteur il y a quelques temps. Il s’agit de SOU[f]FRE, un groupe né sur les cendres de RÃGARÃJA et de PROXYMA, une fusion ambitieuse prête à casser les codes du Metal Moderne dans l’Hexagone.

SOU[f]FRE

Le groupe ouvre les hostilités et donne le ton dès les premiers riffs. Mené par son chanteur masqué Euryale, SOU[f]FRE nous propose une musique sombre, voire suffocante, teintée de mélodies mélancoliques, presque viscérales, portées par des guitares massives et une rythmique écrasante. Euryale capte rapidement l’attention du public avec un chant habité et torturé, et des paroles en français qui nous prennent aux tripes. Et l’énergie du groupe se déploie crescendo, tout d’abord avec des morceaux bruts et efficaces pour enchaîner sur des titres plus énervés à coups de gros blasts et de breakdowns furieux.

Bien qu’en phase d’échauffement, le public commence déjà à se déchaîner entre pogos, mosh pits et circle pits. Plus on avance dans le set, plus cela augmente en intensité tant sur scène que dans la fosse. La scène du FGO Barbara, pourtant réputée pour sa proximité, semble presque trop étroite pour contenir cette déferlante de noirceur. Une première partie efficace, sincère, qui réussit à installer une tension palpable dans la salle.

DEVILOOF

Après les balances effectuées par les membres du groupe eux-mêmes, DEVILOOF démarre direct son set sans concession, sans intro spectaculaire, sans artifice. L’ouverture du show est parfaite avec Gouzin Zangoku qui déclenche un wall of death d’entrée de jeu à la demande du chanteur Keisuke. Puis enchainement sur Newspeak, un titre court mais brutal sur les premiers moments, un pont aux sonorités typiques du Japon digne d’un vieux film de samouraï, pour finir sur un breakdown dévastateur. La violence est frontale, sans répit. Le chant de Keisuke frappe comme un katana aiguisé tout comme les riffs de Ray, entre growls abyssaux et cris aigus hystériques, le tout porter par la lourde basse de Daiki. Visuellement, le groupe impose également sa marque : maquillages, attitudes, présence scénique théâtrale sans jamais tomber dans l’excès gratuit.

DEVILOOF ressort ses morceaux les plus violents comme Libido, Aishite Kudasai ou encore Natural Born Killer, mais aussi ses titres aux accents Visual Kei sur les refrains en chant clair comme Dusky-Vision et ESCAPE. L’énergie des chansons de DEVILOOF provoquent un torrent de ferveurs de la part de l’assistance, entre pogos, headbangs et mouvements de foule qui s’enchaînent, portés par une énergie presque primitive. Malgré l’extrême brutalité de la musique, l’exécution reste d’une précision impressionnante. DEVILOOF démontre une maîtrise totale de son chaos, transformant chaque morceau en décharge d’adrénaline pure.

Arrivent les rappels avec Ruin, le tout premier morceau de DEVILOOF, un titre taillé pour orchestrer le plus gros wall of death de la soirée, avant le grand final chaotique et dévastateur avec l’ultime morceau de la soirée, DESTINATION.

Cette soirée au FGO Barbara aura été marquée par une intensité constante et sans temps mort. Une première partie aussi marquante qu’efficace avec SOU[f]FRE qui prouve que la scène française a de quoi faire trembler les murs, et une furie dévastatrice avec DEVILOOF qui confirme son statut de machine de guerre scénique qu’on a pu voir à travers des lives enregistrés au Japon, puis au Resurrection Fest. Une date mémorable qui, on l’espère, permettra à DEVILOOF de revenir rapidement en France, toujours plus explosif sur scène.

Un grand merci à Envol Prod de nous avoir permis de couvrir l’événement ainsi qu’à ceux qui avaient participés à notre concours.

Photos : Wretchedcurse

Deviloof SOU/f/FRE