Hellfest 2022 Part.2 – Jour 7 // Clisson – 26/06/2022

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On l’a fait ! C’est le dernier jour du Hellfest 2022 et nous sommes toujours vivants ! Un t-shirt Finisher avait d’ailleurs été mis en vente ce 26 juin 2022 pour marquer le coup. Et cette journée, bon nombre de festivaliers l’attendait avec impatience car, après 14 éditions, après toutes ces années où ils ont été réclamés, METALLICA va enfin se produire à Clisson. Et la peur d’avoir une annulation à la MANOWAR était dans beaucoup d’esprits mais en voyant le Snake Pit installé devant la Mainstage 2, on ne peut que se dire, cette fois c’est la bonne.

Mais avant d’accueillir le quatuor Californien, une grosse affiche nous attend en ce dernier dimanche. Sous la Valley, c’est 20 SECONDS FALLIN MAN qui ouvre la journée et on peut découvrir un groupe local originaire de Nantes qui doit se sentir à la maison et avec qui on peut finir sa nuit, bercé par leur Post-Metal assez sombre. MOLYBARON en Mainstage sera un peu plus énergique tandis que SORDIDE sous la Temple sera tout aussi sombre que 20 SFM mais plus violent compte-tenu du style, du gros Black Metal quoi, qui aura plus l’effet d’un réveil matin brutal, mais qu’est-ce qu’on aime ça. En Mainstage 2, on peut découvrir le nouveau line-up de NOVELISTS FR qui envoi du lourd. Le nouveau chanteur allemand Tobias Rische (ALAZKA) a toute sa place avec un chant similaire à celui de son prédécesseur Matteo Gelsomino parti en 2020. Sur les nouveaux titres, on sent nettement un changement et le résultat est plutôt encourageant pour la suite. Quant à la palme de la curiosité du jour, elle est attribuée à NYTT LAND. Le collectif marche clairement dans les pas de WARDRUNA et HEILUNG tout en se démarquant d’eux qui sont plutôt viking, restant plus proche de ces derniers pour le côté chamanique, mais sur un registre folk mongol et païen sorti tout droit de la Sibérie. Après un Cernunnos Pagan Fest en 2019, il ne leur restait plus qu’à passer par la Temple au Hellfest.

YEAR OF THE KNIFE, année du couteau, YEAR OF NO LIGHT, année sans lumière, que choisissez-vous ? Nous on a pris la seconde option car cette formation bordelaise nous offre un voyage sensoriel avec leur musique totalement instrumentale, de quoi s’imaginer et interpréter que titre avec sa vision des choses avec un Post-Metal mêlant influence de Black Metal et de Sludge, on se rapproche beaucoup du Black Atmosphérique pour le coup. Un coup de cœur pour ce groupe. Alors qu’ALIEN WEAPONRY vient de finir de faire déferler son thrash metal Maori, on reste sur le même registre mais en revenant aux fondamentaux avec ANGELUS APATRIDA, fière représentant, avec CRISIX, du Thrash Metal Hispanique. On est sur quelque chose de moins déganté que ces derniers mais ça reste très énergique et les Espagnols font preuve d’une bonne humeur communicative. Le groupe est malheureusement assez statique malgré quelques headbangs, mais dans l’ensemble cela reste une claque auditive.

De retour sous la Temple, c’est un last live qui va avoir lieu, celui de SVART CROWN. En effet, le leader du groupe, Jean-Baptiste Le Bail, avait annoncé la séparation du groupe après leur show au Hellfest. Une décision lourde mais respectable car si la flamme ne brûle plus, autant s’arrêter. Alors qui dit dernier show, dit on donne tout et c’est exactement ce qu’il se passe, les musiciens donnent le meilleur d’eux-mêmes pour nous jouer leur meilleur set. JB prendra la parole sur un ton solennel pour préciser la fin du groupe et après moulte remerciements, le groupe donnera tout ce qu’il a sur le dernier titre et les membres resteront longtemps sur scène pour saluer le public une dernière fois. Mais ce n’est qu’un au revoir car nous pourrons retrouver chacun des membres dans d’autres projets, notamment JB qui a rejoint IGORRR.

Et pour l’autre curiosité du jour, on se retrouve sous la Valley pour le versus entre REGARDE LES HOMMES TOMBER et HANGMAN’S CHAIR, un mariage de sonorité entre Black et Sludge. Le résultat est surprenant et il n’est pas difficile de distinguer les styles de chacun des deux groupes. Les côtés légers et aériens du Sludge/Stoner/Doom associé à la brutalité du black metal donne une sorte d’atmosphère particulière et on peut dire que le pari est réussi. Tandis que TAGADA JONES joue à peu de choses près le même set que lors du Warm Up, avec de la pyrotechnie en plus. Et le fait sur la Mainstage prend une autre dimension, après une Warzone pleine à craquer en 2017. Toujours en pleine promo du dernier album À Feu et à Sang, les Rennais nous envoient ses cris du cœur avec Nous avons la rage, De l’amour et du sang ou encore De Rires et de Larmes.

On retrouvera le collectif des Bidons de l’An Fer sur Le Dernier Baril pour une prestation percutante et ils rejoindront le groupe également en fin de set avec évidement le titre Morts aux Cons pour conclure. Sous la Temple, c’est au tour des Tchèques de CULT OF FIRE de rentrer en scène. On découvre la scénographie du groupe après l’ouverture d’une sorte de rideau, on peut voir que les membres sont masqués, les guitaristes assis en position du lotus et le chanteur devant une sorte d’autel, sur le point de diriger une cérémonie. L’imagerie du combo est flagrante, à mi-chemin entre l'indouisme et le bouddhisme ce qui apporte un coté ésotérique à la prestation. Musicalement on est sur un Black Metal épique très prenant, une franche belle découverte.

Puis on repasse côté Mainstage pour accueillir les Gallois de BULLET FOR MY VALENTINE pour replonger plusieurs années en arrière. Avec leur dernier album éponyme, le quatuor, ou plutôt les deux membres d’origines restants à savoir Michael Paget et Matt Tuck, sont revenus aux sources avec le Metalcore de l’époque The Poison. Et pour aller au bout des choses, BFMV a ressorti l’intro O Fortuna pour commencer sur Your Betrayal comme il y a 10 ans en arrière, de quoi rendre nostalgique les fans des débuts. La setlist est un condensé de titres phares pour le plus grand plaisir de ces derniers. Et ça va de Waking The Demon à 4 Words (To Choke Upon) en passant par The Last Fight, sans oublier l’emblématique Tears Don’t Fall. Pour certains, BFMV s’était perdu en route avec des albums qui plaisaient moins, et avec ce retour aux fondamentaux, le groupe a repris le bon chemin.

Du côté de la scène Black Metal, on retrouve un vétéran du style. Quand on parle de pionniers du Black, on pense tout de suite à VENOM, CELTIC FROST ou encore MAYHEM et que son berceau se trouve en Norvège. Et on oublie souvent de parler d’ARCHGOAT former en Finlande en 1989. Ils sont l’incarnation du Black Metal primitif avec la recette classique, corpse paints, provocation et blasphème sont au rendez-vous et les guitaristes, le pied sur l’ampli, visent puissance et efficacité sans fioriture, les patrons sont bien là. Et après les anciens, place aux nouvelles générations comme AVATAR qui ne cesse de gagner en popularité depuis quelques années et… attendez mais qu’est-ce que… D’accord, on a droit à l’une des intros les plus drôles du festival ! Le batteur d’AVATAR qui s’amuse à jeter des fleurs au public sur la chanson Je t’aime… Moi non plus de Serge Gainsbourg et Jane Birkin. Bon nous sommes au Hellfest, ne cherchons pas plus loin ! Les Suédois débarquent en jouant Hail the Apocalypse d’entrée de jeu avec jet de confettis bleu, blanc, rouge, clin d’œil au pays dans lequel ils se produisent. Niveau musique déganté, AVATAR est roi, mais pas seulement, ce sont aussi les spécialistes du headbang rotatif, notamment sur A Statue Of The King et sur Smell Like a Freakshow, des titres désormais culte. Après un show déjà endiablé en 2017, ce second passage au Hellfest est une véritable consécration.

Aller un petit dernier Black Metal pour la route et il ne manquait plus qu’eux pour finir en beauté. Mais pour ceux qui ont vu MGŁA en salle lors de leur précédente tournée, pas beaucoup de dépaysement, c’est sensiblement la même setlist qui sera jouer sous la Temple, quelques titres en moins. Capuchon, cagoule, perfecto, pas de doute, on reste sur le même schéma et les albums Age of Excuse et Exercices in Futility seront les plus représentés. MGŁA est vraiment la référence du Black Metal polonais. Pendant ce temps, BLACK LABEL SOCIETY est le dernier groupe à passer sur la Mainstage 1 avant que METALLICA n’en prenne possession.

Pour l’heure, on retrouve Zakk Wylde, toujours habillé de son kilt, bien décidé à faire rugir sa gratte dans ses amplis et les enceintes du festival avec une bonne dose de Heavy Metal groovy, afin de finir de bien rôder le terrain pour METALLICA. C’est aussi l’occasion pour Zakk Wylde et ses camarades de défendre leur dernier album en date Doom Crew Inc. mais qui ne sera représenté que par deux titres, de quoi ressortir des morceaux culte comme Suicide Messiah, Fire It Up ou encore Stillborn qui arrivera en fin de set. On retiendra surtout ce duel de guitare magistral entre Zakk Wylde et Dario Lorina, de quoi faire l’un des moments phares de ce dernier jour.

Si les groupes pouvaient prendre un abonnement pour jouer à chaque édition du Hellfest, SABATON signerait direct ! Le combo Suédois a pris du galon depuis ce remplacement de MANOWAR en 2019 et malgré un Joakim Broden aphone, un sujet de plaisanterie chez les autres membres. Et cette montée en grade se fait ressentir quand on voit les salles dans lesquelles ils peuvent maintenant se produire à guichet fermé. Les revoilà cette année en terre Clissonnaise pour continuer à nous raconter la première guerre mondiale. (Voir article détaillé).

La Valley, quant à elle, reçoit l’un des plus anciens groupes de Doom Metal, PENTAGRAM. Malgré 50 ans de carrière derrière eux, Bobby Liebling et sa bande ne sont pas près d’aller en maison de retraite. Pourtant, en voyant la gestuelle de Bobby, on pourrait penser le contraire mais celui-ci fait preuve d’une pêche incroyable. Bon c’est certain, la voix n’est plus celle de sa jeunesse mais le micro est toujours bien tenu. Les autres membres de sont pas en reste et faut preuve d’efficacité. PENTAGRAM n’en a pas fini avec nous et a sûrement encore quelques années à faire. Il en est de même pour MERCYFUL FATE et avec un King Diamond qui en a encore sous le capot. Il ne manquait plus que le combo Danois pour que bon nombre de légende ait foulé le sol Clissonnais qui est une première pour eux. King Diamond dégage une espère d’aura sur scène avec une grande prestance, de quoi donner du plus sur la qualité de la prestation. Décidément, la retraite n’est pas pour demain pour la plus grande joie des fans.

C’est l’heure H, après des années d’attentes, après été tant réclamés, et jusqu’à la dernière minute, certains en doutaient, et pourtant ils sont bien là, METALLICA va enfin jouer sur la Mainstage 1 du Hellfest pour 2h de show, un grand épisode dans l’histoire du festival. Metal Up Our Ass ! (Voir article détaillé).

Après ce moment d’anthologie, et pour clôturer cette édition 2022, le Hellfest nous offre un dernier feu d’artifice pour la touche finale. Nous venons de vivre une véritable épopée dans l’histoire des festivals de musique, une double édition qui n’aurait jamais vue le jour si finalement aucun virus ne serait venu nous déranger il y a plus de deux ans. Cette expérience était à vivre au moins une fois dans une vie, malgré la météo et la fatigue cumulée. Plus de 350 groupes répartis sur huit jours, car n’oublions pas le premier jeudi au Metal Corner, dont cet autre moment emblématique de cette édition 2022 avec le Chef Philippe Etchebest et son groupe CHEF AND THE GANG, 800 000 litres de bière écoulés, soit 1,6 millions de pintes, en fait de cet anniversaire des 15 ans, l’édition de tous les records.

Crédits photos :

Maude Veroda
Thibaud Barranco
Stephan Birlouez

Hellfest

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