HARAKIRI FOR THE SKY + HÆRESIS // La Machine du Moulin Rouge, Paris – 17/04/2026

Hfts paris 2026 couv

Presque un an après leur dernier passage à la Machine du Moulin Rouge à Paris, les Autrichiens d’HARAKIRI FOR THE SKY étaient de retour dans la capitale dans cette même salle pour l’un des shows exclusifs consacrés aux 10 ans de leur album III: Trauma, l’une de leurs plus belles œuvres de leur discographie, le préféré de bons nombres de fans. Il étaient accompagnés de la formation Allemande HÆRESIS en première partie.

HÆRESIS

À peine arrivé sur scène, HÆRESIS nous plonge dans une ambiance ténébreuse avec un Post-Black Metal puissant et riche en émotions. Leur set comprendra l’intégralité de leur dernier album Si Vis Pacem Para Bellvm, un opus qui commence avec Echoes of Ashes, une première introspection qui continue crescendo sur le titre suivant, I Who Repel All Light. Bien que la longueur des morceaux qui n’est pas sans rappeler ceux d’HFTS, la structure des chansons ne nous lassent pas. Beaucoup de spectateurs semblent comme hypnotisés grâce la prestation de la chanteuse C.G. dont la voix s’accorde parfaitement avec le propos des morceaux. Les nappes atmosphériques s’entrechoquent avec la violence des riffs, le tout associé aux envolées vocales de C.G. avec son chant écorché. Le public, d’abord observateur, se laisse progressivement happer par cette montée émotionnelle permanente. Une ouverture idéale pour une soirée placée sous le signe des émotions à vif.

HARAKIRI FOR THE SKY

Arrivent enfin les Autrichiens avec un set sans surprise, l’intégralité de l’album III: Trauma et dans l’ordre de la tracklist (sauf pour les deux derniers morceaux). Mais le public est prêt à communier et c’est sous une pluie d’acclamations que le groupe ouvre avec Calling the Rain. Comme à son habite, J.J. semble comme possédé par la musique. Il revit chaque instant du morceau qu’il interprète avec les paroles pleines de douleurs tout en essayant d’exorciser ces émotions vives. Arrive déjà le titre le plus attendu de l’album Funeral Dreams, moment d’un immense headbang collectif. Chaque montée émotionnelle est accueillie par des cris, des poings levés ou des regards perdus dans le vide.

L’album se poursuit avec Thanatos, morceau puissant mêlant les riffs énergiques de M.S. et Marrock, à une batterie à la fois massive et claire. L’atmosphère taciturne laissée par ces titres continue d’être alimentée par les deux  suivants This Life as a Dagger et The Traces We Leave. Ce dernier provoque un moment de communion presque irréel. Les leads mélodiques conservent toute leur ampleur malgré la saturation omniprésente, et la batterie de Paul Färber frappe avec une puissance presque hypnotique.

Le temps semble comme suspendu pendant le titre Viaticum. J.J. est tantôt face à l’assistance, tantôt face à la batterie, parfois agenouillés comme s’il implorait le ciel de soulager sa souffrance. Cette expression scénique, entre rage intérieure, solitude existentielle et éclairs d’espoir fugaces, transcende le public. Alors que la fin du concert approche, il reste encore deux derniers titres de l’album et pas des moindres, tout d’abord avec Bury Me, puis un magnifique final avec Dry the River. Le choix d’inversé les deux morceaux par rapport à la tracklist studio est peut-être du à ce coup de feu à la fin de Dry the River qui marque une conclusion parfaite au set. Pendant ce dernier morceau, J.J. s’est aventuré dans la fosse pour communier avec le public.

Dix ans après sa sortie, III: Trauma n’a rien perdu de sa puissance émotionnelle. Et à voir les visages épuisés mais lumineux qui quittent la salle ce soir-là, une chose paraît évidente : certains albums ne vieillissent pas. Ils cicatrisent simplement avec nous.

Merci à HARAKIRI FOR THE SKY pour ce moment d’émotion intense et merci à Garmonbozia pour l’accréditation. Merci également au photographe Matthieu Lelievre d’Acta Infernalis pour ses photos.

Harakiri For The Sky Haeresis