PLINI + SUNGAZER // La Cabane, Toulouse - 18/05/2026

Plini 18 05 2026 ludovic ramin 12

Après son passage en 2023, PLINI nous fait l’honneur de revenir à Toulouse pour cette micro-étape française de deux dates seulement : Toulouse et Paris. Avec An Unnameable Desire sous le bras, l’Australien compte bien nous montrer l’évolution de sa musique.

SUNGAZER

Mais pour l’heure, c’est SUNGAZER qui a la charge de faire monter la température. Groupe de jazz fusion teinté d’électro — appelez ça comme vous le souhaitez — mené par le bassiste et youtubeur Adam Neely, le combo va déverser ses compositions suintant le talent sans faire attendre davantage le public. Against the Fall of Night, leur album paru en 2024, sera largement représenté avec pas moins de cinq morceaux joués ce soir. Hot Saturn fait timidement décoller le public grâce à ses lignes électro saccadées. Chaque musicien livre une partition d’une maîtrise impressionnante, le tout dans une ambiance décontractée et communicative.

Ponctué par les interventions en français du batteur Shawn Crowder, le set se révèle particulièrement agréable à suivre malgré la découverte que représente le groupe pour une bonne partie des spectateurs présents ce soir. Le groupe se permettra même de clôturer son passage avec une reprise du titre Hymn of the Seventh Galaxy de RETURN TO FOREVER. Et pour coller à l’époque du morceau, exit l’assistance numérique : le frontman ira refermer le MacBook — pierre angulaire de nombreuses performances scéniques modernes — afin de jouer « à l’ancienne », sans filet de sécurité. Un défi finalement peu risqué au vu du talent qui anime chaque instrumentiste.

PLINI

Comme à son habitude, armé de sa fidèle Strandberg, l’Australien et ses comparses prennent possession de la scène dans une scénographie minimaliste. Deux simples rampes de LED longent le sol et servent à installer l’ambiance. Pour le reste, c’est la virtuosité du quatuor qui fera tout le travail. C’est logiquement An Unnameable Desire qui ouvre les hostilités. Un morceau parfait pour exposer l’ensemble des nouvelles sonorités explorées par PLINI sur son dernier album. Les regards sont complices, les riffs tranchants, les beats sophistiqués : on sent le groupe heureux d’être là.

Pince-sans-rire et déconant à plein tube, PLINI fait mouche à chacune de ses interventions. Comme si sa dextérité instrumentale ne suffisait pas, le guitariste tient également son auditoire dans le creux de la main. Une question finit alors par se poser : que manque-t-il encore à PLINI ?

Pas grand-chose au vu de la setlist déployée ce soir. Même s’il est là pour promouvoir son dernier album, il ne faut pas oublier que le virtuose australien a également bâti sa réputation sur une multitude d’EP et de collaborations. Et c’est avec un plaisir non dissimulé que le public accueille Selenium Forest. Le morceau nous ramène en 2013 et laisse déjà entrevoir les prémices de ce que deviendra le PLINI d’aujourd’hui.

Toujours avec un humour bien senti, l’Australien explique ensuite qu’il aimerait que le public s'imagine écouter, posé a une table en terasse le morceau suivant autour d’un café, annonçant un titre feutré pour poursuivre la soirée. Bien évidemment, ce sont finalement les blasts furieux de Manala qui feront trembler la salle. Curieux de voir comment cette facette plus brutale des nouvelles compositions allait sonner en live, le public ne sera pas déçu. PLINI maîtrise absolument tout, même lorsqu’il s’aventure dans ses écritures les plus agressives.

Et loin d’être écrasé par l’égo parfois démesuré des guitar heroes, le groupe sait parfaitement quand chaque musicien doit prendre les devants. Tout le monde semble évoluer sur la même longueur d’onde. Les musiciens délirent en permanence, comme le prouve ce running gag de la soirée : chaque salve d’applaudissements devra être suivie d’un baiser collectif lancé en direction du groupe. Je vous laisse imaginer le résultat sonore. Une absurdité délicieusement cocasse qui fera autant rire le public que les artistes eux-mêmes.

En bref, cette soirée donne autant l’impression d’assister à une masterclass de guitare qu’à un stand-up sponsorisé par Strandberg. L’ambiance est décontractée, mais le travail abattu reste d’une précision et d’une qualité remarquables. Comme en témoigne cet Electric Sunrise joué en clôture de set, provoquant une réaction immédiate du public. Handmade Cities, son tout premier album, continue décidément de marquer les esprits près de dix ans après sa sortie.

Le temps passe et certaines choses ne changent pas. Les styles évoluent, les genres se mélangent, mais la musique finit toujours par trouver une ancre quelque part. Dans ce tumulte de notes et de mélodies, PLINI appartient à cette catégorie d’artistes capables de tout conjuguer avec une aisance et une virtuosité déconcertante.

Un guitar hero des temps modernes ? Assurément.

Merci à Veryshow et Noiser pour cette belle date !

Plini Sungazer