SAXON + SORTILÈGE + OVERDRIVERS // Le Zénith, Paris – 17/05/2026
- Par Romain D.A.
- Le 17/06/2026
- Dans Live-reports

Le vieux Heavy Metal, c’est comme le bon vin, il vieillit bien, il prend de la bouteille. Et s’il y a bien un groupe qui ressort dès qu’on parle de la fameuse New Wave of British Heavy Metal, c’est bien évidemment SAXON. Le 17 mai dernier, la formation originaire du Yorkshire du Sud était de retour au Zénith de Paris, salle ayant un rapport assez spécial avec le groupe puisque SAXON a été le tout premier groupe de metal à s’y être produit après l’inauguration de la salle en 1984, avant de revenir en 1985 et 1986.
Plus de 40 ans plus tard, les Anglais ont offert à leurs fans Français leur show Castles & Eagles qui célèbre 50 ans de carrière, une liste d’albums longue comme le bras et des morceaux dans la pure vibe des années 80. Mais cette célébration ne pouvait pas se faire sans un coup de pouce à un groupe émergeant, comme pour dire que la relève est assurée avec OVERDRIVERS, mais également sans rendre ses lettres de noblesses au Heavy Metal Français avec l’un des groupes les plus emblématiques : SORTILÈGE.
OVERDRIVERS
On commence l’apéro avec les Nordistes d’OVERDRIVERS. Dans un espace réduit de la scène coupé par un rideau qui cache le décorum de SAXON, le combo livre un set explosif avec un Hard Rock très inspiré de la scène Australienne, AC/DC en tête. Malgré ces influences flagrantes, on sent que le groupe a vraiment sa signature ce qui lui permet de ne pas être une pale copie d’AIRBOURNE. Le set étant très court, OVERDRIVERS donne tout sans discontinuer. Le groupe enchaîne ses titres tout en défendant son dernier album Glory or Nothing sorti en 2025. Bien que le Zénith soit en train de se remplir tranquillement, Le public répond déjà présent, conscient d'assister à la prestation d'un groupe taillé pour la scène.
SORTILÈGE
On doit se demander quel est le ressenti de Zouille et ses comparses de monter sur la scène du prestigieux Zénith de Paris pour la première fois, comme quoi la renaissance de SORTILÈGE n’a rien d’un retour nostalgique. Rappelons que le groupe est resté inactif entre 1986 et 2019, soit plus de trois décennies et qu’il est désormais près à maintenir son statut de vétérans du Heavy Metal Hexagonal. Entre les classiques des années 80 remis au gout du jour et les titres récents, la setlist trouve un certain équilibre et fait mouche auprès de l’assistance. Les nouvelles compositions s'intègrent avec une étonnante fluidité à un répertoire devenu culte. Pour conclure ce 45 minutes de set, SORTILÈGE ressort son titre éponyme, véritable hymne du combo qui sera repris en chœur par le public qui leur fera une véritable ovation.
SAXON
21 heures pétante, l’intro débute et le rideau tombe sur les Anglais qui démarrent leur concert avec Hell, Fire and Damnation, titre adéquat pour une entame parfaite. Un aigle de fer, emblème de l’album Wheels Of Steel, surplombe la scène. Ce soir au Zénith de Paris, la New Wave of British Heavy Metal est à l’honneur. La première partie du concert comprend un best-of de classique. Cela va de Power and the Glory à The Eagle Has Landed en passant par Dallas 1 PM et Heavy Metal Thunder. Biff Byford apparaît en pleine forme depuis le report de ce concert (et des autres). Ce report était un mal pour un bien car ça lui a permis d’être à 100% pour cette tournée et ça se ressent dans son chant juste.
Arrive le moment historique lorsque Biff annonce que le groupe s’apprête à jouer son album culte de 1980 : Wheels Of Steel ! Cet album regorge de trésors et de rareté comme Freeway Mad, See the Light Shining ou encore Suzie Hold On. Et bien sûr on y retrouve les incontournables 747 (Strangers in the Night), Motorcycle Man, ou encore Machine Gun et l’éponyme Wheels of Steel. Chaque morceau joué est une véritable célébration du Heavy Metal vintage. 40 minutes de plongeon dans l’histoire de ce style.
Les rappels sont du même niveau que le reste du concert et transforment le Zénith de véritable chorale Métallique. Cela part de Denim and Leather, suivi par Strong Arm of the Law. L’inévitable Crusader sera également joué, titre phare qui parle des croisades, un véritable cours d’histoire le temps d’une chanson, comme quoi ne n’est que l’apanage de SABATON de raconter des batailles historiques. Puis le grand final avec Princess of the Night.
Ce soir, SAXON nous a démontré qu’après plus de 50 ans de carrière, un groupe peut encore un show plus que vivant. En s'appuyant sur un répertoire intemporel, une exécution irréprochable et une passion intacte, SAXON a offert au public parisien une démonstration magistrale de ce qu'est le heavy metal dans sa forme la plus noble. Un grand moment de communion.
Merci à Olivier Garnier de Replica Promotion et Gérard Drouot Productions pour les accréditations, et merci à SAXON, SORTILÈGE et OVERDRIVERS pour cette soirée mémorable.
Photos : Solen Gueho