GARBAGE + SKUNK ANANSIE + GROVE // Le Zénith, Paris – 25/05/2026
- Par Marjolaine G.
- Le 27/06/2026
- Dans Live-reports

Il y a des affiches qui ressemblent à des évidences. Réunir SKUNK ANANSIE et GARBAGE sur la même scène en fait partie. Deux groupes emblématiques des années 90 toujours capables de remplir les salles et de défendre une actualité artistique pertinente. Au Zénith de Paris, les britanniques ont offert près de trois heures de musique intense, précédées par une prestation remarquée de GROVE.
Seule en scène, GROVE ouvre la soirée avec une assurance impressionnante. Sans groupe ni artifices, l'artiste britannique s'appuie sur un flow redoutablement efficace et une énergie contagieuse pour conquérir une salle encore en train de se remplir. Une entrée en matière idéale qui met rapidement le public dans les meilleures dispositions.
Dès l'arrivée de SKUNK ANANSIE, l'atmosphère change de dimension. Porté par Charlie Big Potato et les titres de son dernier album, le groupe frappe fort d'entrée. Au centre de tout, Skin captive les regards. Charismatique, explosive, elle semble capable de transformer chaque recoin du Zénith en extension de sa scène. Sa voix reste une merveille de puissance et de maîtrise, portée par ce timbre immédiatement reconnaissable qui fait d'elle l'une des chanteuses les plus singulières du rock.
Entre deux morceaux, elle s'amuse avec le public en français, multipliant les plaisanteries et les échanges complices. Puis vient l'un des moments les plus marquants de la soirée. Comme elle en a le secret, Skin quitte la scène pour rejoindre la fosse. Portée par la foule, elle traverse le public avant de croiser un invité inattendu : Frah, chanteur de SHAKA PONK, venu assister au concert. Les deux complices, qui avaient déjà partagé le micro sur Can't Take You Anywhere, improvisent une séquence aussi spontanée que spectaculaire. Frah se retrouve à slamer avec elle avant de la rejoindre quelques instants sur scène sous les acclamations du Zénith.
Entre les hymnes Hedonism (Just Because You Feel Good) et Weak, les nouveaux morceaux trouvent naturellement leur place. La conclusion sur Little Baby Swastikkka laisse une salle électrisée.
Après une courte pause, GARBAGE prend le relais. Shirley Manson apparaît vêtue d'une combinaison noire rehaussée de jaune et de rouge. Le groupe déroule un set solide où se côtoient nouveautés et classiques. De Stupid Girl à Only Happy When It Rains, en passant par Push It, chaque morceau est accueilli avec ferveur par un public qui connaît les paroles sur le bout des doigts. Très souriante, Shirley prend le temps de remercier la France pour son accueil fidèle. Manifestement touchée, elle confie sa joie d'être de retour à Paris et sa gratitude envers un public toujours présent après toutes ces années.
GARBAGE joue avec assurance, sans nostalgie excessive, en démontrant que son répertoire a remarquablement traversé le temps. Après The Day That I Met God, le groupe quitte la scène. Mais personne ne songe à partir. Les applaudissements redoublent. Les cris se multiplient. Dans les gradins comme dans la fosse, le public tape des pieds avec une insistance presque assourdissante. Une minute passe. Puis deux. Puis cinq. Cinq longues minutes qui semblent interminables.
Lorsque GARBAGE réapparaît enfin, le Zénith explose. Shirley Manson s'avance vers le micro avec un sourire amusé et présente les excuses du groupe : « Désolés, nous avons dû aller aux toilettes ! » Le fou rire est général. Pour conclure la soirée, le groupe propose alors au public de choisir le dernier morceau. Après quelques secondes de clameurs et de débats, le verdict tombe : Cherry Lips (Go Baby Go!). Un ultime moment de communion avant que les lumières ne se rallument sur une soirée aussi généreuse qu'intense, portée par trois artistes qui ont rappelé, chacun à leur manière, que le rock demeure avant tout une affaire d'énergie, de personnalité et de partage.
Photos : Solen Gueho