INFECTED RAIN + BUTCHER BABIES + BLACK SPIKES // Le Metronum, Toulouse - 14/04/2026

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En ce timide début de printemps, Toulouse reçoit la dernière étape française du Mutation Phase Tour. Un plateau co-headline réunissant INFECTED RAIN et BUTCHER BABIES, avec BLACK SPIKES en ouverture. Les connaisseurs sont bien présents à la vue des t-shirts portés dans l’assistance. JINJER ayant ouvert le bal en début d’année, ce soir, les scream queens du metal sont à l’honneur !

BLACK SPIKES

Venu défendre leur dernier EP Nil et promouvoir la suite de leur carrière avec, à venir, leur premier album Ydos, le quintette s’apprête à ouvrir la soirée devant un public déjà passé par la case merch pour mieux saisir visuellement l’univers de BLACK SPIKESLes étiquettes brassent large, mais dès les premières notes, quelque chose saisit l’audience. Il se passe quelque chose. Les Lituaniens ne sont pas là pour faire de la figuration et déroulent un set carré, violent et empreint d’un certain savoir-faire scénique. En effet, BLACK SPIKES incorpore dans sa prestation scénique un membre supplémentaire qui performe sur quasi chaque morceau. Danse et gestuelle endiablée et mystique rajoutent de la prestance à un set qui, musicalement parlant, n’a déjà plus rien à prouver.

C’est quand même appréciable d’avoir des groupes de leur trempe qui ne se cachent pas derrière des artifices pour pallier les faiblesses de leur musique. BLACK SPIKES, sûrs de leurs forces, décident de mettre en avant les deux. Il en résulte une première partie qui n’a de petit que son backdrop ; les épaules, quant à elles, sont solides pour occuper un set en headliner. La totalité de Nil sera jouée, agrémentée de quelques singles, dont l’annonciateur du premier album : Aurea. Si l’espace alloué n’est pas immense, le groupe est rodé dans sa mise en place. Les enchaînements et l’intégration de la performeuse sont quasi millimétrés, mais ce sens du détail chirurgical n’est pas dérangeant étant donné la puissance musicale assénée à l’assistance.

Les musiciens communiquent bien entre eux, comme en témoigne cette célébration espiègle entre les deux guitaristes à l’issue d’un échange rythmique. Le batteur, même s’il est à l’arrière, harangue la foule comme s’il était en front de scène ! Le groupe en veut, et ça se voit ! Une bien belle ouverture de soirée comme il est rare d’en voir ! Souvent timides, les premières parties ne laissent pas toujours des souvenirs indélébiles. Ce soir, au vu des sourires dans le public, BLACK SPIKES nous aura prouvé l’inverse.

BUTCHER BABIES

Le quatuor américain prend les commandes de la suite de la soirée. Et sans perdre de temps, ils envoient parpaing sur parpaing. T'était pas échauffé ? Ce n’est pas leur problème. Backstreets of Tennessee, avec son riff assassin et ses blasts, se charge immédiatement de mettre le public en ébullition. La débauche d’énergie est telle que l’on se demande comment ils vont tenir sur la durée. Heidi Shepard, évidemment au centre de l’attention, ne se ménage en aucun cas et foudroie l’assistance par son mélange d’hyperactivité physique et de brutalité vocale.

Si le duo vocal évolue désormais en solo depuis 2024 (suite à des problèmes de santé), cela ne semble pas poser problème tant la performance tient le haut du pavé. Heidi donne tout. Pendant que les photographes sont en sueur à la poursuite de la vocaliste bondissante, le public, quant à lui, répond avec autant de ferveur aux sollicitations. Les Américains impressionnent par leur capacité à tenir la foule dans le creux de la main.

 

Autant d’hymnes fédérateurs qui trouvent leur écho sur scène, comme en atteste ce It’s Killin’ Time, Baby! repris en chœur par une foule déchaînée. Mention spéciale aux musiciens, qui abattent un travail formidable : souriants, heureux, mais d’une précision à toute épreuve. Les riffs lourds et saccadés, ainsi que les martèlements de batterie, habillent la salle d’une chape de plomb qui transforme le Metronum en volcan en fusion. Côté nouveautés, elles sont bien introduites. Black Dove ou Lost in Your Touch offrent des moments de bravoure durant lesquels Heidi Shepard, telle une tornade, descend au cœur du public pour initier un circle pit. Un moment enflammé qui réveille les quelques spectateurs du fond, s’ils n’avaient pas encore suivi jusque-là.

Last December marque un temps de répit durant lequel la frontwoman se confie sur une période sombre de sa vie ayant donné naissance à ce titre. L’occasion d’apprécier combien sa voix claire peut être douce, en contraste avec ses growls surpuissants. Passé cet interlude, BUTCHER BABIES assène une dernière cartouche avec le classique Magnolia Blvd. La salle est à genoux, les Américains ont retourné le Metronum. Seul problème : nous ne sommes qu’à la moitié de la soirée. Il est temps de reprendre des forces avant d’accueillir les Moldaves d’INFECTED RAIN.

INFECTED RAIN

Initiateurs de cette tournée, la bande de Lena Scissorhands vient en Europe présenter son dernier méfait : Time. Avec une fanbase solide, le groupe pose ses valises en terrain conquis. The Answer Is You et Dying Light ouvrent les hostilités de fort belle manière. Le public répond immédiatement aux nouveaux titres, qui passent l’épreuve du live haut la main. Le quatuor dégage une énergie folle, que ce soit à travers le charisme de Lena ou l’ouragan Vadim "Vidick" Ojog, guitariste intenable. On se demande comment il parvient à jouer tant il bouge dans tous les sens. On dirait une démonstration excessive d’air guitar… sauf qu’il est réellement aux commandes et cisaille le public avec ses riffs brutaux. Cela contraste avec Alice Lane la nouvelle bassiste, un peu plus en retrait, mais solide dans son jeu. C’est carré, propre.

Dans ce tumulte de décibels et de dreadlocks, INFECTED RAIN garde le cap et va chercher le public jusque dans ses retranchements. Lena accueille les nombreux slammeurs à coups de check, mettant à l’épreuve la sécurité, chargée de réceptionner les plus téméraires. Le tout sous les yeux amusés de Heidi Shepard, qui filme la scène depuis les coulisses.

Et puisque l’ambiance est à la camaraderie, pourquoi ne pas en profiter pour interpréter The Realm of Chaos en featuring avec Heidi ? Double dose de violence, cadeau de la maison. Les Moldaves ne s’économisent pas et montrent à quel point leur place dans le paysage metal n’est pas usurpée. C’est avec le classique Judgemental Trap que le quatuor achève définitivement le public Toulousain.

C’est ainsi que se termine cette soirée placée sous le signe de la brutalité vocale féminine. De la complicité, des performances solides, et une excellente surprise avec les Lituaniens de BLACK SPIKES. Le contrat est rempli.


Merci à Manu pour l'accréditation et à Access Live pour cette belle date.

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