BRUIT≤ + MONDO CANE // Le Métronum, Toulouse - 30/04/2026

Bruit 30 04 2026 le metronum ramin ludovic 16

Auprès des amateurs, Age of Ephemerality n’est pas passé inaperçu. Souvent classé parmi les meilleurs disques post-rock de l’an passé, et après avoir accompagné ALCEST en tournée, il était temps pour les Toulousains de jouer à domicile, en grande pompe.

MONDO CANE

Et c’est dans un Metronum affichant complet quelques dizaines de minutes avant le début des hostilités que la soirée s’ouvre avec MONDO CANE. Groupe régional avec un premier disque encore à venir, le quatuor doit composer face à une assistance à la fois curieuse et attentive. Il ne faudra que quelques minutes pour comprendre qu’au-delà de la musique, le groupe accorde une importance particulière à la mise en forme de son projet. Le set est filmé, photographié, alors même qu’aucune sortie officielle n’a encore vu le jour. Une ambition évidente, presque manifeste : faire les choses sérieusement, avec exigence.

Musicalement, les compositions séduisent immédiatement. Entre déflagrations sonores et lignes mélodiques empreintes de mélancolie, MONDO CANE trouve un équilibre juste. Le batteur, d’une aisance remarquable, impose son intensité et guide l’ensemble avec assurance. Très vite, l’alchimie entre les membres devient évidente, et le public ne s’y trompe pas. Une première prestation convaincante qui donne envie de découvrir ces morceaux sur disque.

BRUIT≤

Changement de plateau rapide pour laisser place à BRUIT≤, le temps d’installer un impressionnant arsenal de pédales. Les derniers retardataires, encore en quête de houblon, devront se presser : le set s’ouvre avec Ephemeral, qui, comme sur disque, capte immédiatement l’attention. Accompagné d’extraits vidéo projetés en fond de scène, le concert gagne en intensité visuelle. L’expérience live s’en trouve renforcée, presque immersive. Il suffit d’ailleurs de jeter un œil aux clips disponibles en ligne pour mesurer à quel point l’univers du groupe fonctionne dans cette complémentarité image/son.

Sans être une release party à proprement parler, le groupe met naturellement en avant son nouvel album. Même interprétés dans le désordre, les morceaux conservent toute leur puissance narrative. Intoxication of Power installe progressivement la tension avant une explosion finale saisissante. BRUIT≤ joue constamment sur les contrastes, alternant entre accalmies et tempêtes sonores, maintenant une tension permanente dans la salle. Chaque musicien semble absorbé par son instrument, comme happé par la densité du propos. Une fusion nécessaire pour donner vie à une musique aussi exigeante. Industry replonge dans The machine is burning and now everyone knows it could happen again, apportant une respiration planante, vite ratrapée par des envolées plus tranchantes, dans la lignée de Data.

 

Le groupe déroule son set avec une maîtrise impressionnante. Le dispositif scénique reste minimaliste, mais l’ampleur sonore donne une sensation de grandeur constante. Le son est dense, presque martial, et les corps sont habités. Luc, notamment, malmène son violoncelle avec une intensité rare, laissant éclater des hurlements viscéraux qui viennent nourrir l’urgence et la tension de morceaux comme Technoslavery/Vandalism.

Le final, en forme d’apothéose, précède des remerciements sincères. L’occasion de mesurer le chemin parcouru par ce projet né presque comme une jam entre amis, et devenu aujourd’hui une référence de la scène post-rock. Dans la salle, de nombreux acteurs de la scène toulousaine sont présents, témoins de cette évolution. C’est avec The Machine Is Burning que BRUIT≤ clôture son set. Une conclusion plus apaisée, presque lumineuse, après les vagues de tension qui ont traversé la soirée. Un dernier souffle, suspendu, comme une accalmie au cœur du chaos.

Merci à Radical Production et Noiser pour l’accréditation et l’organisation de cette soirée.

BRUIT ≤ Setlist Le Metronum, Toulouse, France 2026
 

BRUIT ≤