BANQUISE + KOZORIA + JIRO // Rock N Eat, Lyon - 17/05/2026

Banquise lyon 2026 couv

Je suis arrivé au Rock N’Eat  avec cette sensation électrique des soirs où tout peut basculer. La salle était déjà bien remplie, compacte, vivante. Il y avait une vraie attente dans l’air. Pas juste un concert de plus, mais une soirée où l’énergie allait forcément circuler.

C’est JIRO qui ouvre, devant un public déjà bien présent et surtout prêt. Dès les premiers morceaux ça ne met pas longtemps à accrocher. Il y a une tension dans leur son, quelque chose de nerveux, parfois presque à fleur de peau. Ce n’est pas juste "calme puis énervé", c’est plus subtil que ça : des textures qui montent, qui grincent, puis qui explosent sans prévenir. J’ai ressenti une forme d’urgence contenue, comme si chaque morceau retenait quelque chose avant de lâcher prise. Et la salle suit, attentive et déjà bien impliquée pour ce premier groupe !

Avec KOZORIA ça devient frontal. Plus lourd, plus direct, plus physique aussi. Il y a une vraie rage dans leur manière de jouer. C’est maîtrisé, structuré, avec cette capacité à alterner entre chaos et précision. J’ai aimé cette sensation d’être constamment sur le fil, sans vraiment savoir quand ça allait retomber et au final, ça ne retombe presque jamais. Le public est complètement dedans et l’énergie commence sérieusement à monter.

Et puis arrive BANQUISE. Et là.. Tout explose. Dès les premières secondes, il n’y a plus de distance possible. Le metalcore du groupe frappe fort, direct et sans détour. Les riffs sont massifs, tranchants, presque écrasants par moments. La batterie martèle, la voix vient chercher quelque chose de viscéral et tout s’aligne avec une précision impressionnante. Mais au-delà de la technique, c’est surtout l’intensité qui m’a marqué.

Il y a une vraie violence émotionnelle dans leur musique. Pas juste du bruit, pas juste de la puissance mais quelque chose de plus profond, de plus incarné. Les breakdowns tombent comme des coups, les montées te tiennent en tension et quand ça lâche ça emporte tout. La salle devient un bloc, ça bouge dans tous les sens, mais sans jamais perdre cette connexion entre le groupe et le public.

J’ai ressenti ça physiquement. Dans la poitrine, dans les jambes, dans l’air autour. Ce genre de concert où tu ne regardes plus vraiment, tu vis le truc à fond quoi. Et en même temps, il y a ces moments plus retenus, presque lourds de sens où tout ralentit légèrement avant de repartir encore plus fort. BANQUISE joue avec ces contrastes avec une vraie intelligence et ça rend leur set encore plus prenant. On sent qu’ils maîtrisent complètement leur identité et surtout qu’ils la vivent sur scène. Je suis ressorti de leur set un peu vidé honnêtement. Mais dans le bon sens. Avec cette sensation rare d’avoir pris quelque chose de plein fouet.

Cette soirée était tout simplement folle. Trois groupes, trois manières d’exprimer quelque chose de brut mais toujours sincère. Et c’est exactement ce genre de moment qui me rappelle pourquoi je fais ça, pourquoi je viens shooter des concerts, pourquoi je reste au plus près de la scène. Pour ressentir, vraiment.

Banquise Jiro Kozoria