WARDRUNA (Dave Mustage) // Motocultor 2023 - 18/08/2023

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La pluie s’arrête pile poil pour le début du set de WARDRUNA qu’on attendait avec impatience et on espérait que le cadre allait être un peu plus éclairé qu’au Hellfest 2022. Et bien nous voilà rassuré, le groupe est un peu plus sur le devant de la scène.

C’est sans surprise qu’Einar Selvik et ses compagnons commencent leur spectacle immersif sur Kvitravn. Même si le son rempli toute l’assistance, paradoxalement ça se joue dans un silence presque de cathédrale. Et malgré la ferveur du public au début de certains titres, la plupart d’entre nous sera transporté dans leur univers teinté de mythologie et d'anciennes croyances Nordiques. L’envoutement s’accentue avec Skugge sur laquelle le groupe se met à chanter en chœur et on en vient presque à fredonner les paroles par reflexe idéomoteur tellement l’intensité de leur folk ambient nous ébranle. Les jeux de lumières, les ombres ainsi que les images projetés offrent une immersion totale à tel point qu’on ne peut pas détourner du regard ce qu’il se passe sur scène. Avec des titres tel que Solringen, Kvit hkort ou encore Lyfjaberg, WARDRUNA captive et donne des frissons.

Ce qui est dommage c’est juste que la version scaldique de Voluspá ne sera pas jouée alors qu’elle était très attendu, ce chant presque a capella d’Einar avec juste quelques notes de lyre. Mais au moins le morceau Tyr ne sera pas occulté et c’est toujours impressionnant d’entendre le son sorti des lures. WARDRUNA continue de ressortir ses plus belles compostions avec Isa, Grá sans oublie Fehu. À l’approche de la fin du set, Einar jusque là silencieux entre les morceaux nous fera son speech habituel pour annoncer le dernier titre Helvegen. 

En voici la traduction : 

"Nous recevons tant d’amour et merci pour cet accueil si chaleureux

Nous allons jouer une dernière chanson pour vous ce soir et cette chanson est vraiment le cœur et l’âme de ce que fait WADRUNA. Car pour nous il ne s’agit pas de voyage dans le temps ou d’essayer d’être à nouveau des Vikings ou de romantiser le passé. Il s’agit plus de prendre quelque chose d’ancien qui continue à résonner ici et maintenant, et de créer quelque chose de nouveau avec. Car le fait est que les choses qui donnent naissance à nos chansons, aux traditions et aux mythes à propos desquels nous chantons, les instruments que nous utilisons, tout cela est né de la même terre qui continue à nous porter.

C’est pour ça que cela continue à résonner et à parler à nos cœurs. Un si grand nombre de ces choses sont autant universelles qu’intemporelles. Car le fait est que si vous retourner assez loin dans le temps, vous voyez clairement et à quel point ce sont les mêmes mécanismes donnent naissance à ces traditions, que ce soit en Norvège ou ici en Italie, en Amérique latine ou en Extrême-Orient. Ce sont exactement les mêmes.

Nous voyons ces compétitions agaçantes entre cultures, genre ma culture est meilleure que ta culture : c’est des conneries. Selon mon opinion personnelle, Il y a beaucoup de choses du passé qui appartiennent au passé. D’autre part, il y a tellement de choses que nous avions l’habitude d’avoir en quantité et que maintenant nous avons si peu. Je suis à peu près sûr que c’est la même chose ici en France qu’en Norvège. Et la tradition de chanter, chanter ensemble comme une famille, un peuple, une communauté ; le fait est que lorsque nous chantons ensemble notre intérieur fusionne avec celui des autres personnes, quelque chose de spécial se produit. Et cela n’est comparable avec quasi rien d’autre, c’est de la Médecine. Comme chanter par vous-même, c’est de la Médecine également. Nous avons tous besoin de chanter plus, nous avons besoin de chanter à nos enfants. Rentrez à la maison et chantez plus sil vous plaît. Pour l’instant vous applaudissez et souriez, mais pour vos voisins...fuck’em (rires).

Il y avait autrefois des chansons pour toutes sortes d’occasions. Nous sommes nés dans ce Monde, nous étions accueillis avec des chansons, il y avait tant de champs ou il y avait des chansons, lors des récoltes il y avait des chansons, lorsque vous cueilliez le raisin il y avait des chansons. Il y avait des chansons pour tout ! Et lorsque quelqu’un mourait, il y avait aussi cette tradition, une sorte de traversée vers l’autre côté, se connecter à la mort, être en rapport avec la mort. Et je ne sais pas comment c’est ici en Italie, mais chez nous nous cachons toujours la mort, nous ne nous mettons pas en rapport avec la mort, ce qui n’est pas sain. Cette dernière chanson parle de Odin qui autrefois était appelé à nous voir toi et moi tout au long de la journée ou nous trépassions. Ceci est une chanson à propos de la mort, une chanson à propos d’être en train de mourir, une chanson pour chanter, honorer et se souvenir de quelqu’un que tu as perdu, c’est une chanson sur la traversée, mais aussi sur le lâcher prise ...voici Helvegen."

On ressort toujours conquis d’un live de WARDRUNA car c’est toujours une consécration.

Photos : Maude Veroda

Wardruna Motocultor

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