SIGH + LASTER // O’Sullivans Backstage By The Mill, Paris – 06/11/2023

Sigh 5

C’était l’une des dates de Garmonbozia à ne pas rater en ce mois de novembre car c’est un groupe très rare en Europe qui s’est produit à Paris car il s’agit du groupe Japonais SIGH venu dans le cadre du 30 Years Eastern Darkness. Et pour cause, c’est la première fois en 33 ans d’existence que le groupe joue dans la capitale française. Ils étaient accompagnés du trio Néerlandais LASTER qui ont assuré la première partie.

LASTER

Originaire d’Utrecht aux Pays-Bas, LASTER est une sortie d’hybride entre Black Metal Atmosphérique et Avant-gardiste. Lumière baissée, le batteur monte sur scène et passe devant sa batterie de façon assez comique sur la pointe des pieds, et c’est encore plus drôle avec son masque. Les deux autres membres prennent place derrière leur micro et on peut qu’admirer leurs masques assez atypique qui ressemblent à des crânes qui n’ont pas l’air humain, ce qui apporte ce côté esthétique toujours appréciable. Premier morceau, on remarque de suite que les musiciens ne sont pas statiques et sont comme pris dans leur musique. Son hybridation se ressent assez vite avec des ambiances très atmosphériques et des sons distordus très particulier ainsi que des relents assez jazzy.

C’est le guitariste qui s’occupe des lignes de chants, il passera à de long moment de chant clair, parfois sur tout un morceau, à des moments de scream. Le bassiste donnera également un peu de la voix avec des chœurs assez torturés. Il forme d’ailleurs un parfait tandem avec le guitariste, s’accordant même sur leurs mouvements. Au fil des morceaux, on remarque tout le côté expérimental de leur musique et on sent qu’il y a de la recherche. LASTER offre une expérience musicale plus que remarquable, une musique qui n’a rien de linéaire et qui arrive à nous surprendre.

SIGH

Petit préambule avant de parler de la prestation. Comme je le disais plus haut, c’est une première pour SIGH à Paris. Il faut dire que venir tourner à l’autre bout de la planète n’est pas une mince affaire, on peut le constater avec le peu de formation japonaise qui viennent en France et le peu de dates européennes par tournées, je pense notamment à DIR EN GREY qui jouera l’année prochaine sur deux dates par ville mais sur un nombre assez réduit. Ou encore le Visual Kei qui n’est plus qu’un lointain souvenir en Europe, hormis THE GAZETTE qui n’est quand même pas revenu de 2019, force de constater qu’il y a un manque d’intérêt de la part du public et évidemment ça n’arrange pas l’aspect financier d’une telle venue. C’est certainement cette contrainte qui a fait que SIGH soit venu qu’à trois avec le strict minimum car il manquera l’arsenal d’arrangements, les instruments traditionnels, tout ça sera en samples, de façon très propre et travaillé, je tiens à le soulever car les Japonais sont toujours très pros et ont le souci du moindre détail.

Première chose qui surprend à l’arrivée des Japonais, c’est la tenue du guitariste Nozomu Wakai, une sorte de samouraï de l’enfer portant un katana. Mais c’est plutôt sa guitare qu’il brandira pour nous envoyer ses riffs acérés. De son côté le bassiste et tête pensante du groupe Mirai Kawashima sera plus traditionnel avec kimono, il se chargera également du chant principal. Le batteur Tomotaka Ishikawa quant à lui est masqué. Le décorum est assez fourni, avec des ornements typiquement nippons. On rentre tout de suite dans le vif du sujet avec le premier titre Kuroi Kage en medley avec Touji No Asa. Comme je le disais, le son est vraiment propre, le set est millimétré. Nozomu joue beaucoup dans l’expression scénique, incarnant parfaitement son personnage et il viendra complémentariser les lignes de chant de Mirai, du moins en apparence. Car le mouvement de ses lèvres n’avait pas l’air en accord avec ce qu’on pouvait entendre donc sans rien n’affirmer, je soupçonne qu’il était en playback. Mais si l’illusion passe j’ai envie de vous dire, au moins il ne faisait pas semblant avec ses solos plus qu’impressionnants. Et au moins, Mirai donnait véritablement de la voix.

Le trio enchaine les morceaux, déjà ceux du dernier album Shiki avec notamment Mayonaka No Kaii et Satsui – Gesho no Ato, ainsi que des titres bien connus des fans comme A Victory of Dakini et Corpsecry – Angelfall. Nozomu nous fera une petite mise en scène en faisait semblant de s’ouvrir le front avec son katana et se retrouvera avec du faux sang sur le visage qui le fera encore plus rentrer dans sa panouille. Il manquera juste la prestation avec le sabre enflammé qui ne pourra pas être assuré en raison des conditions de la salle. En fin de set, pour pallier ça, Mirai nous annoncera qu’ils nous ont réservé un bonus et pas des moindre, une reprise de Black Metal de VENOM ce qui fit réagir positivement l’assistance. Et après l’avoir entendu par le groupe lui-même au Fall Of Summer 2017, et reprise par le TRIBUTE TO THRASH de Stéphane Buriez, il me tardait d’entendre ce morceau emblématique à la sauce SIGH. Et forcément, gros déchainement dans le pit !

Malgré un cadre qui ne tendait pas en leur faveur, SIGH a malgré tout relever ce défi de nous transporter dans leur univers musical. Le pari était osé mais a été relevé de main de maître. Le groupe aura droit à une ovation méritée et on espère que cette tournée leur ouvrira la voie vers un autre horizon, jouer dans une salle plus adéquat avec le line-up complet. Arigato SIGH, sayonara !

Un grand merci à Tangui de À Jeter Prom et Garmonbozia Inc. de nous avoir permis de couvrir l’événement !

Photos : Maude Veroda

Sigh Laster

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