Hellfest 2022 Part.1 – Jour 2 // Clisson – 18/06/2022

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Deuxième journée dans le vignoble Clissonnais et elle s’annonce la plus chaude du week-end, trop chaude. Les plus téméraires affrontent cette fournaise en allant quand même voir les concerts des Mainstages et de la Warzone, mais ces conditions météos nous auront contraint à rester sous les scènes couvertes jusqu’au soir mais c’est un mal pour un bien avec ce qu’elles proposent aujourd’hui.

Étant donné que nous n’avons pas assisté aux shows des scènes open air, il y aura un peu plus de mentions honorables qu’à l’accoutumée. D’abord TITAN qui a fait son grand retour en 2017 après 30 ans de pause et le moins que l’on puisse dire avec leur dernier album Paligenesia, on sent cette envie qu’ils ont de rattrapés le temps perdu. Cette année en ouverture, on espère qu’ils seront plus haut sur l’affiche dans quelques éditions. Côté Altar, on entame avec KARRAS. (Si vous n’avez pas la référence, je vous conseille de revoir l’Exorciste, celui de 1973 bien sûr). On y retrouve Etienne Sarthou (ex-AQME), Yann Heurtaux (MASS HYSTERIA) et Diego Janson (SICKBACK) pour un style totalement différent à leurs formations d’origine, de quoi en surprendre plus d’un. Et il y a aussi FIRE FROM THE GODS en MS, une de nos révélations de fin 2019, qui a certainement marqué les esprits avec son metalcore mélodique teinté de nu metal, mené par une voix d’exception en la personne de AJ Channer, que du beau monde en somme.

La déception du jour, c’est de ne pas voir CRYSTAL LAKE foulé les planches de la MS 1, ayant annulé quelques jours avant. Mais quoi de mieux d’AKTARUM pour oublier ça car cette formation originaire de Belgique vaut le détour ! Leur style n’est pas sans rappeler celui de FINNTROLL qui fait clairement parti de leurs influences. On croirait les membres sortis tout droit d’une taverne médiévale, en particulier quand on voit les mimiques du chanteur qui collent avec le style. Côté chanson, pas de demi-mesure, les trolls sont vraiment mis à toutes les sauces et on peut dire qu’ils ont bien trollé le Hellfest ! Je recommande vivement ce groupe aux amoureux de folk metal et on espère vraiment qu’ils seront à l’affiche d’un futur Cernunnos Pagan Fest !

Avec des noms comme BRUTAL SPHINCTER et RECTAL SMEGMA, je n’imagine pas le malaise s’ils ont été attendu à l’aéroport avec une pancarte. La chose a du bien amusé ceux qui ont planifié le running order en les programmant l’un à la suite de l’autre sous l’Altar. Mais trêve de plaisanterie, RECTAL nous arrive des Pays-Bas et ça reste une bonne claque auditive, de quoi préparer le terrain pour la suite de la journée, tandis que les punks de GUERRILA POUBELLE sont en train de retourner la Warzone.  Sous la Temple, certes il y fait chaud mais avec les ultraviolets en moins et on aurait aimé que HELHEIM nous rapporte un peu de fraicheur de son pays natal, la Norvège. Mais le froid, on le retrouve dans la musique très prenante de cette formation très ancrée dans la culture nordique qui a déjà trente ans de carrière derrière elle. ME AND THAT MAN, forcément très attendu, nous a permis de découvrir Nergal de BEHEMOTH sous un autre jour et dans un autre registre que le Blackened Death

avec sa collaboration avec le musicien britannique John PorterCorpse paint et capuchon mis au placard, le frontman a sorti le chapeau noir pour nous jouer un Dark Folk Country très inspiré de Johnny Cash, Nick Cave ou encore Leonard Cohen. Et lorsque je l’entends chanter, je ne peux m’empêcher de me souvenir de la voix de Jim Morrison, en particulier sur My Church Is Black. Nergal nous aura bien surpris avec ce projet annexe qui lui permet certainement de faire d’autres choses qui le passionnent et qu’il ne peut pas faire avec BEHEMOTHAvec EINHERJER, qui est apparemment considéré comme l’un des précurseurs du Metal Viking, de prime abord, on a bien du mal à y avoir cette imagerie sur les musiciens et la scénographie qui reste sobre. Mais ne vous y fiez pas, tout est dans la musique. Alors oui, on est loin d’ENSIFERUM ou d’AMON AMARTH, mais le propos reste le même, le groupe préférant partir sur quelque chose de plus atmosphérique.

Maintenant si je vous dis scène Metal Française des années 90 et Daniel Guichard, vous l’avez ? Stéphane Buriez et LOUDBLAST bien sûr ! Les plus anciens se souviendront de leur passage dans l’émission de Delarue. Hormis le changement capillaire de Stéphane, les compos du groupe n’ont pas pris une ride, tant les récentes que les anciennes. On notera la présence du remplaçant de Frédéric Leclercq qui tourne actuellement avec KREATOR et il n’y a rien à dire, il fait le job.  Qui a dit que le Rock Psychédélique n’était plus dans l’air du temps ? Avec THE VINTAGE CARAVAN, ça serait mentir. Le trio Islandais nous fait voyager dans le temps avec un son typique des années 60, et dans un équipement technologique de nos jours, c’est encore mieux, comme s’ils avaient téléporté la Valley dans un des coins les plus reculés de l’Islande. Autre bond dans le passé mais dans un autre univers, celui de KAMPFAREt avec un nom qui est un cri de guerre signifiant "Odin" en ancien Norvégien, on est en pleine mythologie nordique. Leur style n’est pas sans rappeler celui de MOONSORROW mais avec un côté Black Metal plus prononcé.  

Le groupe arbore fièrement les armoiries de la Norvège avec le fameux lion couronné tenant une hache, et le drapeau se retrouvera même sur le haut du pantalon du chanteur Ask, un vrai patriote !  De retour dans la Valley, c’est PELICAN pour le prochain slot. Naviguant dans un Post-Metal instrumental, le combo étant originaire de Chicago, surnommée City of Winds, leur musique colle parfaitement à cette expression. Mais le Post-Metal ne résume pas toute la palette de sonorités du groupe qui donnent l’impression que les musiciens aient expérimenté beaucoup de choses en studio, peut-être pour palier aux lignes de chants inexistantes. En tout cas, le résultat donne des compositions très techniques taillées pour le live. Il en est de même pour TAAKE venu distiller son Black Metal pur et dur sous la Temple. Et leur son n’en est que plus lourd et puissant grâce aux amplis Marshall, comme quoi que ce n’est pas que l’apanage d’AIRBOURNE. Hoest, toujours le seul membre officiel du groupe, est l’incarnation même de ce que peut signifier True Black Metal et en live, ça reste toujours une grosse mandale.

Esprit viking et ambiance festive, ça résume toujours un show d’ENSIFERUM. Comme à Paris, tout par en vrille dans le pit dès le début de Rum, Women, Victory. La setlist choisie est presque la même mais l’ordre reste différent et on aura droit à Token of Time, toujours très efficace en live. Le combo sait faire plaisir en choisissant les morceaux les plus taillés pour le live, notamment avec Lai, Lai, Hei, toujours très attendue où l’assistance renouvellera ce moment épique de ramer comme dans un drakkar. À la fin du set, Petri nous demandera de participer sur le dernier titre en chantonnant sur l’air pour un final explosif sur Iron. Puis on repasse sous l’Altar pour voir la légende du Thrash/Death Brésilienne, SEPULTURA. Toujours mené par un Derrick Green dont le chant guttural en scotche plus d’un, le combo reste un maître incontesté en matière de compositions tribales rappelant ses origines. Le batteur Eloy Casagrande, en bon bulldozer qu’il a toujours été, démonte tout sur son passage avec ses frappes. Et bien évidemment, les morceaux de l’époque de Max Cavalera sont toujours présents, notamment Refuse/Resist et Roots Bloody Roots qui sera repris par l’assistance. Qu’on se le dise, SEPULTURA reste une valeur sûre.

En parlant de valeur sûre, s’il y a un groupe qui sait y faire sur scène malgré l’âge avancé de ses membres, c’est bien DEEP PURPLE. Les vétérans du Hard Rock sont toujours au top et on sent que la retraite n’est pas encore pour tout de suite. Alors oui, la fougue de la jeunesse n’est plus là, et Ian Gillan ne s’amuse pas à courir partout sur la scène comme un certain Ken Casey, mais le cœur y est, toujours généreux dans la voix et toujours autant de vigueur sur des titres emblématiques comme celui que tout le monde attend, Smoke On The Water. Les guitaristes savent toujours faire chanter leurs instruments et Ian Paice derrière ses fûts n’a rien perdu de sa technique. DEEP PURPLE reste un régal pour les oreilles des fans de la première heure comme pour celles des nouvelles générations.

Après un show magistral à l’Accor Hotel Arena, GHOST était de retour en terres Clissonnaises et pour la première fois en tête d’affiche (voir article détaillé).

Les groupes de Neo Folk Ambient sont de plus en plus présents dans des festivals comme le Hellfest et ça montre que beaucoup d’intérêts sont portés à des groupes comme SKÁLD, une formation française qui, comme son nom l’indique, fait renaitre ces poètes scandinaves, les scaldes, qui faisaient de la transmission orale, très courante pour l’époque, relatant les histoires et exploits de héros et illustres personnages. Une expérience live à vivre au moins une fois et sans modération. Côté Valley, c’est une autre expérience live à vivre pleinement avec ENVY, le groupe japonais s’étant le plus produit au Hellfest, les fans se souviendront longtemps du show magistral de 2019. L’expérience a été reproduit cette année et ENVY confirme son statut de maître en matière de faire côtoyer ambiance sombre et torturée avec un peu de lumière et de chaleur humaine dans les compositions. On ne peut que ressortir chambouler d’un de leur concert.

Et pour ceux qui veulent un petit remontant, quoi de mieux qu’AIRBOURNE ! Rien qu’avec les pitreries du chanteur-guitariste Joel O’Keeffe qui se fera porter par un gars de la sécurité pour courir de part et d’autre du pit photo. Les dignes successeurs d’AC/DC savent mettre l’ambiance dès le début du show avec Ready to Rock. Nous avons opté de voir le groupe de nuit, au lieu de la seconde prestation lors du deuxième week-end, de jour, et ce choix a été judicieux quand on voit les lights du show. AIRBOURNE dégage tellement d’énergie que la fatigue de la journée et de l’heure tardive s’est vite estompée. C’est malheureusement l’averse, bien que rafraichissante, qui nous aura fait battre en retraite et rater la fin du set, pour ne pas abimer nos matos audiovisuels. Toujours est-il que cette journée aura été une vraie fournaise mais on peut maintenant se dire que le plus dur est passé.

Crédits photos :

Maude Veroda
TKB
Stephan Birlouez

Hellfest

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