GROZA + THE SPIRIT + NORNÍR + ANTIKVLT // Backstage BTM, Paris – 09/12/2025

Groza paris 2025 couv

En ce mois de décembre 2025, nous nous retrouvons au Backstage By The Mill pour l’étape Parisienne du Nadir Over Europe Tour 2025, première tournée tête d’affiche pour GROZA, cette formation black metal Allemande qui ne cesse de gagner en popularité. L’affiche était complétée par THE SPIRIT que nous avons découvert en 2023 à Paris dans cette même salle, durant la tournée d’adieu de DARK FORTRESS, NORNÍR qui a du remplacé ANTE-INFERNO suit à leur retrait de la tournée, et ANTIKVLT pour une plongée tête la première dans black metal moderne, dense et sans compromis.

ANTIKVLT

Premier groupe de la soirée, ANTIKVLT, projet du multiinstrumentiste Autrichien Chris Marrok vient préparer le terrain avec un set de 30 minutes. Avec un black metal direct, hostile et chirurgical, les riffs secs sont tranchants comme une lame froide. Alors que les blasts claquent, le chant lacère avec un ton rageur. Aucun chaos dans la fosse, ANTIKVLT fait parti de ces groupes de black metal qui s’écoutent en live sans pogos. Avec un set court et incisif, le groupe plonge la salle dans une atmosphère sombre mais ce n’est qu’un début. Leur performance, courte mais percutante, a servi d’introduction idéale, réveillant même les plus timides dans le public.

NORNÍR

Deuxième round avec NORNÍR, formation germanique menée la guitariste et vocaliste Lethian. Entre puissance Scandinaves et influences mélodiques, le quatuor délivre une prestation techniquement solide. Alternant phases rapides et passages atmosphériques presque hypnotiques, les morceaux s’enchaînent sans temps mort. Les guitares dessinent des motifs hypnotiques pendant que la batterie martèle sans répit. Dans la fosse, l’assistance capte l’énergie du groupe qui joue ses titres portés par une tension constante. NORNÍR ne cherche pas l’effet, ils imposent une force noire, solide, implacable. Cette montée d’énergie a clairement réveillé la fosse.

THE SPIRIT

Pour le troisième set, on retrouve donc THE SPIRIT avec fusion black/death dans une approche plus sombre et viscérale. Leur musique est une machine de guerre entre riffs massifs, accélérations fulgurantes et growls abyssaux. M.T. au chant et à la guitare s’exprime : "We are The Spirit, and the next 50 minutes you’ll get fuck by cosmic storm". Le ton est donné pour transformer le Backstage en vortex sonore. Chaque morceau semble aspirer l’air de la salle, laissant le public haletant, avec un headbang collectif, presque instinctif. Les lumières rouge sang et la fumée scénique complétait parfaitement leur musique, créant une ambiance presque ritualiste. THE SPIRIT joue serré, précis, sans temps mort. Une démonstration de puissance froide, maîtrisée, presque inhumaine.

GROZA

On arrive à l’apogée de la soirée avec GROZA. Perfecto, cagoule, l’influence MGŁA plane autour de cette bande. Dès les premières secondes d’Asbest, quelque chose change. Ce n’est plus seulement violent : c’est émotionnellement écrasant. Ouroboros creuse encore plus dans les ténèbres, alors qu’Elegance of Irony tasse les ambiances avec des riffs plus mélodiques mais toujours aussi désespérés. Puis c’est l’explosion avec The Redemptive End porté par la voix rauque et sincère du frontman P.G. alors que les riffs lourds de sa basse tranchent à travers les ambiances scéniques.

La salle est en transe avec quand même quelques pogos mais ce sont surtout les séances de décrochage de nuque qui priment. Puis les morceaux s’enchainent entre rage, mélodies poignantes et blast beats énergiques. Le morceau Déluge est à l’image de ce qu’il se produit au Backstage By The Mill. Le groupe ne joue pas pour dominer : ils absorbent le public, l’entraînent avec eux dans cette noirceur introspective qui fait leur force. Arrive déjà le morceau final Daffodils qui sera dédié Mike (M.S.), ex-membre fondateur décédé d’un concert en 2023. Quand le dernier accord résonne, il n’y a pas d’explosion de joie immédiate. Juste quelques secondes de silence suspendu.

GROZA, THE SPIRIT, NORNÍR et ANTIKVLT ont livré bien plus qu’un enchaînement de sets. Ils ont offert une nuit dense, suffocante, honnête, une de celles qui restent longtemps après que le silence est revenu. La présence scénique de GROZA, malgré le côté mystérieux avec les membres cagoulés, chaque membre s’est investi pleinement, alimentant l’engouement général.

Merci à Tangui de À Jeter Prom et Garmonbozia de nous avoir permis de couvrir le show.

Photos : emo6ion

Groza