ENSIFERUM + DRAGONY // La Machine du Moulin Rouge, Paris – 10/01/2026
- Par Romain D.A.
- Le 16/01/2026
- Dans Live-reports

2026 s’annonce consistante en termes de concerts, et quoi de mieux que de démarrer cette nouvelle année avec un groupe que l’on a déjà eu l’occasion de voir trois fois en 2025 lors de festivals. Cette fois, ce sont les Finlandais d’ENSIFERUM que l’on retrouve en tête d’affiche à la Machine du Moulin Rouge, dans le cadre de la tournée promotionnelle de leur dernier album, Winter Storm.
Pour les accompagner dans leur périple à travers l’Europe, les groupes DRAGONY et FREEDOM CALL étaient également prévus pour leur prêter main forte. Mais, malheureusement, ces derniers avaient des impératifs ce 10 janvier ; c’est donc uniquement DRAGONY qui a ouvert la date parisienne.
DRAGONY – L’attaque du Dragon
À 19h10, DRAGONY débarque sur la scène de la Machine, sur la Symphonie no 9 en mi mineur d’Antonín Dvořák, pour une introduction épique. L’arrivée de Siegfried Samer, dit The Dragonslayer, est totalement acclamée, celui-ci ayant son lot de fans. Alors que DRAGONY avait toujours œuvré avec un chanteur, l’intégration de Maria Nesh de RED EYE TEMPLE apporte un nouveau souffle au groupe. Elle forme d’ailleurs un parfait tandem avec Siegfried. Le groupe joue son set sans détour : pas de grand décorum, tout est dans la musique. Les riffs sont rapides, les refrains sont clairs, le groupe nous offre un power metal droit dans le torse. Deux premiers morceaux avec le duo au chant : Twilight of the Gods et Gods of War, puis Lords Of The Hunt avec uniquement Siegfried, tandis que Maria sera seule sur The World Serpent.
Le set n’est pas un déchaînement, mais une véritable préparation physique pour le public déjà bien conséquent sur cette première partie. Cela reste un véritable choc de mélodies héroïques mêlées à des guitares rapides et des claviers scintillants. Les refrains entraînants et la présence scénique assurée de DRAGONY ont efficacement chauffé le public, qui répondait sans retenue aux envolées vocales et aux rythmes soutenus.
ENSIFERUM – La tempête hivernale
Il est 20h30 lorsqu’une véritable bombe météorologique s’apprête à exploser dans le pit de la Machine. Le public s’enflamme à l’arrivée des membres d’ENSIFERUM sur l’intro Aurora, prêts à libérer leur folk metal ancestral. Alors que les fois précédentes le groupe débutait son set sur Fatherland, cette fois l’ouverture se fait sur Winter Storm Vigilantes, déclenchant d’emblée un premier ouragan dans le pit, qui s’ouvre sans négociation, avec les corps qui commencent à s’entrechoquer, un échange à la fois brutal et fraternel. Puis le groupe enchaîne sur Guardians of Fate, un titre qui n’avait pas été joué depuis des lustres, de quoi ravir les fans de la première heure.
ENSIFERUM a ce talent rare : transformer une salle de concert en une véritable horde païenne temporaire, surtout lorsque c’est porté par le morceau Heathen Horde, qui colle parfaitement. L’appel au rassemblement continue avec Fatherland, dont l’air sera scandé en chœur à coups de « oohoohooooo », tandis que le groupe invoquera le pouvoir des druides avec One More Magic Potion. Certains titres de Winter Storm ont déjà passé l’épreuve du live avec une aisance déconcertante, et il en sera de même avec d’autres titres encore jamais entendus, comme Long Cold Winter of Sorrow and Strife ou encore Scars in my Heart, chantés en temps normal par Madeleine Liljestam ; ce soir, c’est Maria Nesh de DRAGONY qui viendra interpréter ce morceau, tandis que Petri Lindroos se met en retrait pour jouer uniquement de sa guitare.
Par ailleurs, les classiques vont toujours bon train, comme Token Of Time ou encore l’iconique From Afar. Après Andromeda de l’album Thalassic, le groupe quitte la scène sous une grande ferveur. Le public scande le nom du groupe, et il aura suffi de quelques secondes pour qu’une bonne vieille intro retentisse dans la Machine : March Of War, rappelant au passage ceux qui étaient présents à leur concert de 2015 au Bataclan. Puis c’est le retour des Finlandais pour les rappels, qui débutent sur Axe Of Judgement. Après quoi le bassiste Sami Hinkka échange avec l’assistance, puis annonce qu’aujourd’hui, 10 janvier, c’est l’anniversaire de Petri ; le public lui souhaite chaleureusement. C’est la communion totale avec le groupe sur In My Sword I Trust, avant de terminer sur une ambiance beaucoup plus festive avec Two Of Spades. Les derniers accords résonnent encore, mais le public en redemande, conscient que la messe est dite, mais pas prêt à quitter le champ de bataille.
Avec ce show, ENSIFERUM a rappelé pourquoi il reste une valeur sûre du folk metal. Le concert était plus que fédérateur, il était viscéral. Des récits héroïques de DRAGONY à la célébration du metal nordique avec ENSIFERUM, la Machine du Moulin Rouge s’est transformée en « hall of Valhalla » le temps d’une soirée, où le public ressortira avec la sensation d’avoir vécu quelque chose de sincère.
Merci à Tangui de À Jeter Prom et à Garmonbozia de nous avoir permis de couvrir ce premier concert de l’année.
Photos : Zorine Ould Mohand