LORNA SHORE + WIHTECHAPEL + SHADOW OF INTENT + HUMANITY'S LAST BREATH // Le Zénith, Paris - 05/02/2026

Lorna shore paris 2026 couv

En ce 5 février, le Zénith de Paris accueillait l’étape parisienne de certainement la plus importante tournée européenne de LORNA SHORE à ce jour. Depuis l’arrivée de Will Ramos en 2020, le groupe n’a eu de cesse de gagner en popularité, tout d’abord avec l’album Pain Remains plébiscité par la critique. Puis la sortie de leur dernier album I Feel The Everblack Festering Within Me en 2025 a marqué un nouveau tournant pour LORNA SHORE qui nous l’a présenté sur cette tournée et dans un Zénith archi complet où ils étaient accompagnés par WHITECHAPEL, SHADOW OF INTENT et HUMANITY’S LAST BREATH.

Et ce sont les Suédois d’HUMANITY’S LAST BREATH qui ouvrent le show avec leur Deathcore teinté de Doom. Il s’agit de l’une de nos découvertes majeures du Hellfest 2022. Le groupe déploie énormément de lourdeurs dans leur musique et des morceaux avec des tempos assez lents, comme un breakdown continu. Le chanteur Filip Danielsson, avec son côté mystérieux sous sa capuche, nous offre une démonstration de growl toujours aussi impressionnante et s’accorde parfaitement avec les sonorités des morceaux. En 30 minutes, HUMANITY’S LAST BREATH a marqué de son empreinte le sol du Zénith de Paris dans ambiance sombre et pesante.

SHADOW OF INTENT les succèdent une vingtaine de minute plus tard alors que les enceintes se mettent à gronder. À peine arrivés, les Américains provoquent une déflagration alors que le pit commence à respirer au rythme des breakdowns. Le frontman Ben Duerr lâche des growls abyssaux qui semblent aspirer l’air du Zénith. Alors que la fosse explose en pogos, le groupe nous fait profiter d’un magnifique contraste entre brutalité extrême et envolées orchestrales qui donnent au set une dimension presque épique. Malgré la violence sonore, tout est maîtrisé. Les transitions sont nettes, les leads mélodiques percent le mur de son avec une clarté presque glaciale. SHADOW OF INTENT a transformé le Zénith en champ de bataille épique sans temps mort, un passage court mais ravageur.

WHITECHAPEL prend le relais et impose immédiatement sa présence. Présent sur la scène metal depuis presque vingt ans, le groupe n'a évidemment plus rien à prouver, mais son énergie reste tranchante comme à ses débuts. Phil Bozeman, en frontman charismatique, attire tous les regards, tandis que ses acolytes déchaînent riffs et batterie avec une précision qui coupe le souffle. La fosse s’échauffe, les premiers slams éclatent, et on sent déjà l’électricité monter dans la salle, chaque spectateur prêt à exploser pour l’arrivée de LORNA SHORE.

À peine le premier impact sonore retentit que la salle comprend ce qui l’attend. La scène est encore dissimulée derrière un large rideau frappé de l’identité du groupe, tandis que les premières notes d'Oblivion résonnent déjà, lourdes et menaçantes. Puis le rideau tombe d’un coup, libérant LORNA SHORE sous une clameur immédiate. Le décor est planté : ce concert ne laissera aucun répit. Au centre de la tempête, Will Ramos ne laisse aucun doute sur ses intentions. En quelques instants, il se déleste de sa veste alors qu'Unbreakable résonne dans la salle, et prend pleinement possession de la scène. Face à lui, le public répond au quart de tour. La tension monte, palpable, happée par la violence maîtrisée du groupe.

Les titres s’enchaînent comme des vagues toujours plus écrasantes. La scénographie pousse chaque montée en tension, des flammes jaillissent de la scène en parfaite synchronisation avec les moments les plus massifs, ajoutant une dimension presque suffocante à l’ensemble. Lorsque retentissent les premières notes de Sun//Eater, Will Ramos s’adresse au public en français et lâche un sec "défenestrez-vous!". En une seconde, un circle pit gigantesque se forme, engloutissant la fosse dans un tourbillon incontrôlable. La violence orchestrale se poursuit avec In Darkness, puis Glenwood  et Prison of Flesh, chacune intensifiant encore la frénésie.

La fin du set prend une dimension presque solennelle avec la trilogie Pain Remains I: Dancing Like Flames, Pain Remains II: After All I’ve Done, I’ll Disappear et Pain Remains III: In a Sea of Fire. L’intensité reste extrême mais l’émotion s’invite dans la violence, électrisant chaque âme. Ultime coup de grâce : le groupe revient pour un rappel sur To the Hellfire.

Au final, LORNA SHORE ne se contente pas de jouer ses morceaux. Il transforme la salle en champ de bataille sonore, laissant un public vidé, sonné...et manifestement conquis.

Photos : Maxime Almada

Lorna Shore Humanity's Last Breath Whitechapel Shadow Of Intent