OF MONSTERS AND MEN + RAKEL // L'Olympia, Paris - 02/03/2026
- Par Marjolaine G.
- Le 19/03/2026
- Dans Live-reports

Le 2 mars, L'Olympia affiche complet pour le retour très attendu de OF MONSTERS AND MEN dans la capitale. Le groupe islandais fait escale dans la capitale dans le cadre de sa tournée européenne, marquant son retour sur scène avec de nouveaux titres et un set mêlant nouveautés et morceaux devenus incontournables.
La soirée commence tout en délicatesse avec leur compatriote RAKEL. Assise derrière son clavier, elle s’installe presque timidement, comme si elle entrait dans un salon plutôt que sur la scène d’une salle mythique. À ses côtés, Salomé l’accompagne aux claviers tandis qu’elle alterne entre guitare et chant. Sa voix, claire et fragile, évoque par moments l’étrangeté lumineuse de Björk. Le plus frappant est son calme : elle ne se lève jamais de son siège. Et pourtant, sans geste spectaculaire, elle réussit à happer l’attention de toute la salle.
Des bruits de nature comme le souffle du vent ou des oiseaux se mêlent aux nappes de claviers, donnant l’impression que la scène s’ouvre sur des paysages islandais. Le final réserve une jolie surprise : Rakel termine en trio, rejointe par Nanna Bryndís la chanteuse de OF MONSTERS AND MEN. Les deux voix se mêlent dans un moment presque intime qui arrache des applaudissements nourris. Une transition idéale vers la suite de la soirée.
Lorsque les lumières s’éteignent à nouveau, la scène se remplit progressivement : six musiciens prennent place. On aperçoit guitares, claviers, accordéon et percussions, un arsenal folk prêt à déferler. Le groupe attaque avec Television Love, et l’Olympia se transforme instantanément en chœur géant. Le duo vocal emblématique, la chanteuse et son partenaire, s’entrelace dès les premières minutes. Le concert se déroule ensuite avec fluidité : Dream Team et King and Lionheart installent une énergie fédératrice, tandis que Tuna in a Can et From Finner rappellent à quel point le groupe sait mêler fragilité et ampleur.
Très vite, le public chante si fort qu’il couvre presque la voix du groupe sur certains refrains. Un phénomène particulièrement frappant sur Alligator, où la salle entière semble rugir avec le groupe. Malgré l’ampleur du son, l’ambiance reste étonnamment familiale. Entre deux morceaux les musiciens échangent sourires et regards complices.
Moment particulièrement marquant : la chanteuse vient s’asseoir au bord de la scène, jambes dans le vide, pour interpréter un passage plus intime. Puis, elle descend dans la fosse pour chanter au plus près du public. Les téléphones s’abaissent, les voix montent : la barrière scène-public disparaît presque.
La seconde moitié du concert empile les moments forts. Lorsque les premières notes de Little Talks retentissent, l’effet est immédiat : la salle explose. Des centaines de voix reprennent le célèbre refrain, transformant l’Olympia en gigantesque chorale indie-folk. Le set principal s’achève sur Visitor, laissant la salle haletante. Les lumières s’éteignent mais personne ne bouge. Tout le balcon se lève, frappant du pied pour en demander encore. Le groupe revient finalement pour deux titres : la douceur fragile de Love Love Love, puis Fruit Bat, ultime déferlante qui emporte l’Olympia.
Les musiciens saluent une dernière fois un Olympia toujours debout. Pas une simple escale de tournée, mais une véritable décharge collective. Entre la parenthèse hypnotique de Rakel, la proximité du groupe et ces refrains repris à pleins poumons, la salle parisienne s’est transformée le temps d’une soirée en une vaste chorale incandescente.
Photos : Solen Gueho